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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 10:00

"Le faux-serment est un crime

"Le guet-apens est un crime

"La séquestration arbitraire est un crime

"La subornation ds fonctionnaires public est un crime

"La subornation des juges est un crime

"Le vol est un crime

"Le meurtre est un crime

VICTOR HUGO, préface de la première éditions des Châtiments (1853)

Par les temps qui courent, faisons lire, à nos enfants en particulier, les magnifiques poèmes que VICTOR HUGO a consacré au coup d'Etat de Napoléon le Petit. Celui là même qui a présidé au développement du capitalisme débridé et qui a pactisé avec l'ennemie.

Et pour ce 8 mars, le magnifique poème en hommage à Pauline Laurent,

Elle ne connaissait ni l’orgueil ni la haine ;
Elle aimait ; elle était pauvre, simple et sereine ;
Souvent le pain qui manque abrégeait son repas.
Elle avait trois enfants, ce qui n’empêchait pas
Qu’elle ne se sentit mère de ceux qui souffrent.
Les noirs événements qui dans la nuit s’engouffrent,
Les flux et les reflux, les abîmes béants,
Les nains, sapant sans bruit l’ouvrage des géants,
Et tous nos malfaiteurs inconnus ou célèbres,
Ne l’épouvantaient point ; derrière ces ténèbres,
Elle apercevait Dieu construisant l’avenir.
Elle sentait sa foi sans cesse rajeunir ;
De la liberté sainte elle attisait les flammes,
Elle s’inquiétait des enfants et des femmes,
Elle disait, tendant la main aux travailleurs :
La vie est dure ici, mais sera bonne ailleurs.
Avançons ! – Elle allait, portant de l’un à l’autre
L’espérance ; c’était une espèce d’apôtre
Que Dieu, sur cette terre où nous gémissons tous,
Avait fait mère et femme, afin qu’il fût plus doux.
L’esprit le plus farouche aimait sa voix sincère.
Tendre, elle visitait, sous leur toit de misère,
Tous ceux que la famine et la douleur abat,
Les malades pensifs, gisant sur leur grabat,
La mansarde où languit l’indigence morose ;
Quand, par hasard moins pauvre, elle avait quelque chose,
Elle le partageait à tous comme une soeur ;
Quand elle n’avait rien, elle donnait son coeur.
Calme et grande, elle aimait comme le soleil brille.
Le genre humain pour elle était une famille,
Comme ses trois enfants étaient l’humanité.
Elle criait : progrès ! amour ! fraternité !
Elle ouvrait aux souffrants des horizons sublimes.
Quand Pauline Roland eut commis tous ces crimes,
Le sauveur de l’église et de l’ordre la prit
Et la mit en prison.
Les Châtiments, Livre V, « L’Autorité est sacrée », 1853.

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Published by Jacques Lacaze
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commentaires

Levieux 10/03/2015 22:25

Le lien nous mène sur une page de Google, aucun poème, dommage !
Cela fait plaisir de vous retrouver, je pensais que le lien était rompu.
Il n'en est rien et la nouvelle cuvée est revigorante.

Jacques Lacaze 10/03/2015 22:49

J'ai mis le poème de Victor Hugo sur la page. C'est plus simple!