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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 13:32

J’ai tout à fait conscience, que la publication du témoignage ci-dessous, va éloigner des lecteurs de mon blog. Je pense qu’il faut regarder la réalité en face, même si elle ne nous convient pas. Mon propos a toujours été de rester au plus preêt des faits, de la réalité. C’est à chacun d’en tirer les conséquences.

Le Saker francophone est constitué d’un groupe de citoyens francophones qui désire faire partager au public francophone des analyses venues du monde entier et exprimées dans d'autres langues. Rendre accessible la pensée dissidente où qu'elle se trouve. Ce site est une émanation du Saker US mais avec notre propre sensibilité francophone.Voici le lien conduisant au site, que je vous conseille vivement de consulter régulièrement : http://lesakerfrancophone.fr/

Le document publié le 18 décembre 2015 par le saker francophone et reproduit ci-dessous, , est le témoignage d’un militaire étasunien qui a participé à la   guerre d’Irak, menée par Georges Bush junior officiellement du 20 mars 2003 au 1er mai de la même année. En réalité, elle est toujours d’actualité et a l’origine de la mort de milliers d’enfants de dizaines de milliers de personnes partout dans le Moyen Orient..

Voir l’article de Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d'Irak

 

Ce témoignage, « ces confessions" du soldat  Vincent Emmauele apportent un éclairage très important, si on se souvient que la « coalition » internationale (ce genre d’initiative politique est toujours à la mode et très prisée par les médias) mise sur pied par les USA, s’est constituée sans la France. Le Président  de l’époque Monsieur Jacques Chirac s’y étant opposé. Le ministre français des affaires étrangères avait, sur ce sujet, prononcé un discours à la tribune de l’ONU d’un très grand retentissement. Le Président Chirac agissait ainsi dans la lignée de la politique étrangère inspirée du Général de Gaulle. Cette politique de Jacques Chirac protégeait la France de ce qu’on appelle désormais « les actions terroristes »

Malheureusement, les présidents qui ont suivi, Monsieur Nicolas Sarkozy, puis Monsieur François Hollande se sont très étroitement allié à la politique des USA et de l’OTAN . Ce qui s’est traduit par la calamiteuse opération contre la Libye, qui de pays le plus riche et développé d’Afrique a été ramené à l’âge de pierre. Aujourd’hui, après l’Irak et la Syrie, la Libye est devenue une base d’appui de ce qu’on appelle bizarrement l’état islamique. Cet état baptisé aussi  « Daesh » qui est à l’origine d’action criminelles  de grande ampleur, principalement au Moyen Orient, en Syrie, en Irak … mais aussi désormais en France.  L’actuel président (Hollande), l’actuel premier ministre (Valls) , l’actuel ministre des affaires étrangères (Fabius) en abandonnant cette politique étrangère issue du gaullisme, ont en particulier permis l’intrusion criminelle du terrorisme dans notre pays. On connaît les conséquences.

Est il normal, que le président français privilégie deux pays du moyen orient : le Qatar et l’Arabie Saoudite en leur vendant entre autre du matériel militaire, alors qu’il s’agit de royaume ne respectant en rien les droits humains dont nos dirigeants se gargarisme en parlant d’autres pays ? Des pays qui soutiennent ouvertement Daesh?

Il reste qu’il faut lire ce témoignage qui en dit beaucoup sur la responsabilité des gouvernements des USA dans le  cahot actuel et les événements en France de 2015.

Jacques Lacaze

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"J’AI AIDE A CREER L'ETAT ISLAMIQUE


Les confessions de  Vincent Emanuele  militaire américain, vétéran de l’Irak

18 décembre 2015 – Source Telesur

Après 14 ans de guerre contre le terrorisme, l’Occident a montré sa grande capacité à créer des États déchus et à fomenter la barbarie.

Depuis quelques années des gens du monde entier se demandent d’où vient EI. Les tentatives d’explications sont nombreuses et varient du géopolitique (l’hégémonie américaine), au religieux ( chiites/sunnites), à l’idéologie (wahhabisme) ou même à l’écologie (réfugiés climatiques). Mais de nombreux commentateurs et même d’anciens militaires ont suggéré, correctement, que la guerre en Irak est la principale responsable pour le déchaînement des forces connues sous le nom d’EI ou Daesh. Sur ce point, je peux ajouter quelques réflexions et anecdotes utiles. 

Le cauchemar mésopotamien.

Quand j’étais stationné en Irak dans le 1er bataillon du 7e corps de marines, de 2003 à 2005, je ne savais pas encore quelles allaient être les répercussions de cette guerre, mais je pressentais déjà qu’il y aurait des comptes à rendre. Cet effet boomerang est maintenant ressenti à travers le monde (Irak, Afghanistan, Yémen, Libye, Égypte, Liban, Syrie, France, Tunisie, Californie, etc.) sans qu’on voit le bout du tunnel.

Là bas, j’ai régulièrement assisté et participé à des obscénités. Bien sûr, l’horreur de cette guerre n’a jamais été vraiment reconnue par l’Occident. Évidemment, les organisations pacifiques ont essayé de dénoncer les atrocités de la guerre en Irak, mais les médias de masse, les forces académiques, politiques et économiques occidentales n’ont jamais permis d’enquêtes sérieuses sur les plus grands crimes de guerre du XXIe siècle.

Alors que nous patrouillions dans la vaste région irakienne d’Al-Anbar, en jetant les restes de nos rations à travers les fenêtres de nos véhicules, je n’avais jamais réfléchi à la manière dont on parlerait de nous dans les futurs livres d’histoire. Je voulais seulement faire le propre dans mon Humvee. Des années plus tard, en écoutant mon prof d’histoire parler du berceau de la civilisation, je repense aux déchets de rations qui jonchent le sol du désert mésopotamien.

En étudiant les récents événements de Syrie et d’Irak, je ne peux m’empêcher de penser aux petits enfants auxquels mes camarades militaires jetaient les restes de rations. Mais des bonbons n’étaient pas les seuls objets que nous lancions sur ces gosses. Des bouteilles d’eau remplies d’urine, des cailloux, des débris divers étaient aussi jetés. Je me demande souvent combien de membres d’EI ou des autres organisations extrémistes se souviennent de tels événements.

Surtout, je me rappelle les centaines de prisonniers que nous avons capturés et torturés dans les prisons de fortune gardées par des adolescents du Tennessee, de New York ou de l’Oregon. Je n’ai pas eu la malchance de travailler dans de telles prisons, mais je me souviens bien des histoires. Je me rappelle parfaitement les marines me racontant comment ils frappaient, violentaient et défonçaient la tête aux Irakiens. Je me rappelle des histoires de tortures sexuelles où l’on forçait les prisonniers irakiens à s’accoupler pendant que les marines les menaçaient avec un couteau dirigé sur leurs testicules ou en les sodomisant avec un bâton.

Par contre, avant que ces abominations ne se déroulent, nous, dans l’infanterie, avions le plaisir de traquer les Irakiens pendant des raids nocturnes, de les ligoter et de leur mettre un sac sur la tête avant de les jeter a l’arrière de l’Humvee pendant que leurs enfants hurlaient et que leurs femmes s’évanouissaient. Quelquefois nous les arrêtions de jour. La plupart n’offraient aucune résistance. Quelques-uns se tenaient par la main pendant que les marines les frappaient au visage à coup de bottes. Une fois livrés à la prison, ils pouvaient être gardés pendant des jours, des semaines ou des mois. Leurs familles étaient laissées sans nouvelles. Une fois libérés, on les lâchait en plein désert à plusieurs kilomètres de leurs maisons.

Après leur avoir ôté menottes et sacs sur la tête, quelques-uns des plus dérangés parmi nous tiraient des coups de feu en l’air ou au sol pour les effrayer. Seulement pour rigoler. La plupart des Irakiens se mettaient à courir, pleurant encore de leur long supplice dans la prison, espérant retrouver un certain degré de liberté. Qui sait combien de temps ils ont survécu. Car après tout, tout le monde s’en foutait. Même si, de nos jours, on connait bien un ancien survivant des prisons américaines, Abu Bakr al-Baghdadi, le chef d’EI.

Ironiquement, l’habileté à déshumaniser le peuple irakien a atteint un paroxysme après que balles et explosions ont été terminées, car de nombreux marines avaient comme hobby de prendre des photos des morts, de leurs corps mutilés, par plaisir, ou s’amusaient à frapper leurs corps boursouflés avec des bâtons pour rire un peu. Même si les iPhones n’existaient pas à l’époque, de nombreux marines venaient avec des appareils photos digitaux. Ces appareils contiennent l’histoire non dite de la guerre d’Irak, une histoire que l’Occident voudrait que le monde oublie. Cette histoire et ces appareils contiennent aussi les photos de massacres gratuits et autres crimes de guerre, une réalité que les Irakiens n’auront pas le plaisir d’oublier.

Malheureusement, je peux aussi me rappeler d’innombrables anecdotes de mon temps en Irak. Des innocents n’étaient pas seulement pourchassés, torturés et emprisonnés, ils ont aussi été brûlés par centaines de milliers, certaines études prétendent même par millions.

Seuls les irakiens peuvent comprendre le mal absolu qui s’est déchainé sur leur nation. Ils se rappellent le rôle de l’Occident pendant la guerre entre l’Irak et l’Iran qui a duré huit ans ; ils se rappellent les sanctions de Clinton dans les années 1990, sanctions qui ont entraîné la mort de plus de 500 000 personnes, en majorité des femmes et des enfants. Puis est venu 2003 et l’Occident a achevé le travail. Aujourd’hui l’Irak est totalement dévasté. Les gens sont empoisonnés et mutilés et l’environnement est irradié par les bombes à uranium appauvri.

Après 14 ans de guerre contre le terrorisme, une chose est certaine : L’Occident excelle à fomenter la barbarie et à créer des États déchus.

Vivre avec des fantômes

Les yeux pétillants des jeunes enfants irakiens me hantent en permanence, c’est normal. Les visages de ceux que j’ai tués ou de ceux assez proches de moi que j’ai eu la possibilité d’examiner ne veulent pas quitter mes pensées. Mes cauchemars nocturnes et mes réflexions diurnes me rappellent d’où vient EI et pourquoi ils nous haïssent. Malheureusement, mais de façon compréhensible, cette haine nous poursuivra pendant les années et les décennies à venir. Comment pourrait-il en être autrement ?

J’insiste, le niveau de destruction que l’Occident a infligé au Moyen-Orient est absolument inimaginable pour la vaste majorité des gens vivant dans le monde développé. Et cette réalité est démontrée par le fait que les Occidentaux se demandent constamment et avec une grande naïveté : pourquoi nous détestent-ils ?

Finalement, les guerres, révolutions et contre-révolutions se passent et les générations suivantes vivent avec leurs conséquences. Les civilisations, les sociétés, les cultures, les nations et les individus survivent ou périssent. C’est ainsi que l’Histoire se déroule. Dans le futur, la manière dont l’Occident sera confronté au terrorisme dépendra largement du fait qu’il va garder, ou pas, son propre comportement terroriste. La manière la plus évidente d’empêcher que des groupes du style d’EI ne se forment est de s’opposer au militarisme occidental dans ses formes les plus effrayantes : les coups montés de la CIA, les guerres par procuration, les frappes par drones, les campagnes de contre-révolution, les guerres économiques…

En attendant, ceux qui comme moi ont directement participé à cette campagne militaire génocidaire devront vivre avec les fantômes de cette guerre.

Vincent Emanuele

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Published by Jacques Lacaze
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