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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 18:55
En guise de présentation.
Il s'agit d'un procès qui s'est déroulé devant
le Conseil régional de l'Ordre des Médecins de Lille
le 1er juin 1996. Comme l'atteste le compte rendu
du journal l'Avenir de l'Artois
du 7 juin 1996,
j'ai été acquité d'une façon nette et sans bavure.

Le Conseil départemental du Pas-de-Calais
n'a pas osé faire appel.
Ce que j'ai démontré, c'est qu'il s'agissait
d'un procès de nature politique,
et que la meilleure défense, c'est l'attaque.
Je publierai un peu à la fois toutes les pièces et aussi
et surtout des dossiers sur
des chercheurs marginalisés
et aussi sur les résultats obtenus
par l'utilisation de certaines de ces thérapeutiques
mises au point par ces chercheurs. 


PREAMBULE.

Je suis citoyen Français. J'ai des obligations et des droits garantis par la Constitution.
Titulaire d'un diplôme français de docteur en médecine, pour exercer la médecine j'ai l'obligation légale d'être inscrit au tableau du Conseil de l'Ordre des Médecins, en l'espèce du Pas-de-Calais. Je suis inscrit sous le numéro 2763. D'autres obligations légales me sont aussi imposées. J'ai souscrit depuis bientôt 18 ans à ces obligations.

Parmi mes droits de citoyens, figurent ceux d'étudier le fonctionnement de notre société, de ses institutions, de les analyser, de les critiquer, de proposer d'autres solutions. En particulier, je ne suis pas d'accord avec l'existence même d'un Ordre des Médecins.

En voici les raisons. L'ordre des médecins a été créé, le 7 octobre 1940 sous le régime de VICHY, puis confirmé après la Libération. Sa reconnaissance comme institution concourant au service public, qui est, une caractéristique primordiale, repose toujours, sur une décision du Conseil d'état vichyste du 2 avril 1943. Le même professeur de médecine était à la tête de l'ordre de 42 à 44 puis de .... 1946 à 1950. Le 25 janvier 1962, l'Ordre des Médecins, condamne la contraception. Il inflige un blâme au Docteur MARIE ANDREE LAGROUA WEILL-HALLE. Puis il va mener la lutte contre la légalisation de l'avortement, déclaré crime d'Etat par une loi vichyste du 15 février 1942. Ces faits soulignent  l'enracinement profond de cette institution dans un système politique unanimement rejeté.

L'Ordre des Médecins s'est doté de juridictions d'exception qui possèdent des pouvoirs, en contradiction avec l'esprit de nos Institutions. Sur la base du Code de Déontologie, qu'il a élaboré , il a le pouvoir
1) d'inculper un médecin,
2) d'enquêter sur ce qu'il lui reproche,
3) de le juger,
4) de faire exécuter la condamnation.
Ces 4 étapes sont en matière de justice « ordinaire » dévolues à 4 instances  distinctes et indépendantes les unes des autres.
 
Il était à sa création l'aboutissement des exigences du courant le plus conservateur du corps médical: celui qui défend avant tout une profession, une vérité officielle. Et tout naturellement, ce sont les députés de l'action française Léon Daudet et Xavier Vallat qui déposent dés 1923 le premier projet de loi proposant la création d'un Ordre des Médecins.
 
La pratique médicale se situe dans un champ complexe où interfèrent les mentalités, les conceptions idéologiques et philosophiques, diverses sciences et techniques: la biologie et la pharmacologie, mais aussi les sciences humaines. Le tout étroitement balisé par les intérêts économiques des différents secteurs du complexe médico-industriel.
 
L'art de guérir ne se décrète pas. Il se prouve. Les historiens redécouvrent aujourd'hui que l'art médical a été porté de tout temps par une vaste et puissante médecine populaire. C'est contre ce courant que s'est constitué à partir de la fin du XIII ème siècle l'institution médico-scientifique: par la création des Facultés de Médecine, des corporations des médecins et des chirurgiens barbiers.Une lutte plusieurs fois centenaire est menée par la Faculté et ses médecins contre les « charlatans », c’est-à-dire les tradi-praticiens. Cette lutte continue à se mener de nos jours contre les médecines différentes et/ou les exclus de la Faculté, quelle qu'en soient les raisons. Un des exemples des plus caricaturaux est celui du malheureux Docteur BASTIEN de REMIREMONT qui a dû déguster de larges plâtrés d'amanites phalloïdes pour prouver l'efficacité de son traitement, très classique au demeurant. Ce traitement est aujourd'hui utilisé par plusieurs centres de réanimation. Le cas d'HENRI LABORIT n'est pas triste non plus. Connu à travers le monde pour son invention de la chlorpromazine et sa découverte de l'anesthésie potentialisée, il fut royalement ignoré des étudiants français durant 40 ans. MIRKO BALJANSKI aujourd'hui vilipendé a quand même découvert la protéase inverse chez la bactérie avant le Professeur TEMINS qui lui l'a découverte chez le virus et a eu un prix NOBEL... Ces deux chercheurs portaient ainsi un coup très  dur à la théorie en vogue de JACQUES MONOD.
 
Bien entendu, à travers une succession de véritables révolutions (accès au corps, clinique, auscultation, antisepsie, asepsie, antibiose, anesthésie, rayons X, RMN, biologie moléculaire, etc... etc. ), la médecine académique, officielle s'est profondément transformée et propose aujourd'hui des moyens de diagnostic et de guérir d'une incomparable puissance. Ces révolutions fruits de la recherche expérimentale et/ou des progrès techniques ne se firent pas forcément au sein du corps médical et des facultés, même souvent elles éclorent en dehors et contre eux.

La médecine populaire a continué à survivre, porteuse d'une partie de la vérité des mentalités d'un peuple. Elle s'est vue adjoindre différentes pratiques, qui associées aux pratiques marginalisées par l'institution académique et officielle constituent aujourd'hui ce qu'il est convenu de nommer les médecines différentes.

La fonction centrale de l'Ordre des Médecins reste bien celle de maintenir par les rigueurs de la loi la domination sans partage d'une vérité officielle, et par conséquent de toujours traquer le charlatan, le déviant, celui qui ose penser autrement, qui ose dire et prouver que le salut est aussi en dehors de l'institution médico-industrialo technico-scientifique. Je suis de ceux-là.

Et mon combat a pour but central la réconciliation des deux médecines. Cette réconciliation est un des grands enjeux des siècles à venir. Elle est à réaliser sur la base de l'évaluation, de la prise en compte des mentalités, des philosophies actuelle (éthique ...), de l'avancé de l'ensemble des sciences (biologiques certes, mais aussi de la nébuleuse appelée sciences humaines), et enfin des techniques. Elle nécessite une vraie restauration des pratiques traditionnelles et une prise en compte adaptée des pratiques de santé des autres civilisations. Je mène ce combat depuis plus de 20 ans. Je l'ai mené au plus haut niveau, puisque j'ai été chargé en 1985, par les Ministres ayant en charge la santé de ce pays et à la demande expresse du Président de la République, de travailler à la mise en place d'un groupe de travail sur l'évaluation des médecines différentes, puis j'ai participé à ce groupe de travail. J'insiste lourdement sur le fait qu'évaluer n'est pas reconnaître. Je déplore que l'ordre des médecins ait participé activement à l'action qui a mis fin à ce processus.
 
Évaluer, ne peut pas être le monopole du corps médical, des Facultés et autres institutions académiques. L'évaluation des techniques médicales (diagnostiques et thérapeutiques, des médicaments, etc. etc. ) doit être réalisé par des organismes totalement indépendants (garanti législative de cette indépendance et lourdes sanctions en cas de fautes). Il doit exister dans le processus d'évaluation des représentants de la société civile, des différents corps de métier intervenant dans les procès diagnostiques et thérapeutiques (médecins infirmières, psychologues, ostéopathes - pourquoi ont-ils pignon sur rue dans les maternités allemandes et pas en France? - urbaniste, écologiste, vétérinaire, économiste, etc... etc. ) Le point de vue médical, ne pouvant constituer qu'une facette d'un vaste prisme. Bref, ce n'est pas au seul boulanger d'évaluer la qualité de son pain.
 
Monsieur DIDIER TABUTEAU, Directeur de l'Agence du Médicament, a publié en 1994, un petit ouvrage sur la sécurité sanitaire. Il écrit dans une formule percutante et sans appel: « la leçon du SIDA transfusionnel est là: que soient définis clairement les niveaux de responsabilité, proscrit le mélange des genres, dissociées les fonctions d’expert de décideur et de gestionnaire. L'efficacité d'une thérapeutique est une chose, les considérations tarifaires une autre ». C'est souligner l'immense danger que de perpétuer les habitudes actuelles, et tout particulièrement celles concernant l'évaluation médicale. On n'a jamais vu un épicier expliquer à sa clientèle qu'il vendait des produits avariés...
 
Je milite pour le respect de la multiplicité des intervenants en matière de maladie et de santé, pour une conception communautaire de la santé, pour une évaluation de toutes les pratiques de ce champ. C'est bien sur ce terrain que je mène mon combat. Et l'Ordre du Pas-de-Calais l'a bien compris qui me reproche une lettre ouverte envoyée à Monsieur le Professeur BERNARD DEVULDER, Doyen de la Faculté de Médecine de LILLE, que je respecte pour ses vastes connaissances et ses éminentes capacités pédagogiques et d'organisateur. Nous sommes donc pour reprendre le mot de FRANÇOIS MITTERRAND au coeur « d'une réalité sociale qu'il n'est pas possible d'ignorer», bref sur un terrain politique.  Le procès qui m'est fait est un procès d'opinion.

EN QUOI CONSISTE MA PRATIQUE

1 - Je suis installé en médecine générale orientation homéopathie et phytothérapie. J'ai obtenu des diplômes universitaires dans ces disciplines. Je prescris donc majoritairement des traitements homéopathiques, phytothérapiques, diététiques et oligothérapiques, soit comme thérapeutiques principale, soit comme adjuvantes quand un traitement chimiothérapique est nécessaire. Je recours chaque fois que cela s'impose à l'ensemble des possibilités d'imagerie médicales et de biologie. Je n'ai jamais hésité une seconde à demander l'avis d'un confrère spécialiste quand c'était nécessaire.

2 - Par ailleurs, j'ai suivi une formation universitaire en cancérologie à la faculté de PARIS NORD, sous la direction du Professeur LUCIEN ISRAËL, Membre de l'Institut. Je prends en charge des malades atteints d'un cancer que Monsieur ISRAËL voit comme consultant. Je souligne, que ces malades ne sont pas traités par des chimiothérapies « homéopathiques », mais bien au contraire par des chimiothérapies lourdes et prolongées. Toute une partie de ma pratique consiste à adjoindre une panoplie de moyens pour améliorer l'acceptation de ces thérapeutiques que je juge nécessaires. Pour que mon point de vue soit clair, voici l'essentiel de la lettre que j'écrivais dernièrement à Monsieur ISRAËL:
 « Cher Monsieur, Vous m'avez fait l'honneur de m'accueillir dans votre service dans le cadre du Diplôme d'Oncologie médicale que vous organisiez, il y a 10 ans. Depuis, vous acceptez de voir les personnes qui me consultent avec un problème de cancer et vous me préconisez la conduite à tenir. Je mesure tous les jours - je pèse mes mots - la chance que cela représente pour ces personnes, car j'ai malheureusement de trop nombreux éléments de comparaison avec les résultats obtenus par ailleurs.
Je m'efforce, de marquer, vous me pardonnerez, notre différence; de l'expliquer. Un cancer est toujours grave et il faut d'emblée utiliser les traitements maximums en assurant la meilleure synergie possible, puis utiliser les stratégies post-thérapeutiques différenciantes principalement. En ce qui me concerne, j'ajoute différents moyens permettant de mieux supporter les traitements.
Les habitudes en matière de cancéro. vous le savez est de traiter insuffisamment, trop peu de temps sous le prétexte de garder « des munitions en réserve ». Et de rechute en rechute la bataille est perdue. Il est quand même parfois difficile d'expliquer qu'il n'y a pas de « petites chimiothérapies, de traitement légers, certains parlent de chimiothérapies homéopathiques ». « Les traitements de Monsieur ISRAËL sont trop forts ». J'ai même entendu: « c'est écraser une mouche avec un marteau-pilon ». Malheureusement les personnes ainsi abusées soit reviennent avec une situation catastrophique soit nous apprenons qu'une rechute nécessite ce qu'on a voulu éviter au départ.
Bref, éteindre l'incendie fermement avec tous les moyens disponibles, ou le laisser couver sous la cendre, précéder ou poursuivre la cinétique cancéreuse: voilà les 2 voies. Mais le message est souvent difficile à faire passer, sauf quand il y a un exemple familial.
Je dois le dire, votre notoriété et le témoignage de malades qui vous ont consultés aident à convaincre. Je ne suis pas trop mis en cause de ce fait. »
Dans ma pratique cancérologique, je rencontre malheureusement des personnes qui sont considérées en phase terminale et renvoyées chez elles pour mourir. Je rencontre aussi des personnes qui pour des raisons particulières refusent les traitements classiques. Pour cette dernière catégorie de malades, j'effectue un suivi le plus rigoureux possible et tente de démontrer l'intérêt de mettre en route les traitements classiques associés aux traitements parallèles. Quand ces conditions sont remplies, j'utilise plusieurs moyens thérapeutiques non-officiels ou bénéficiant d'une AMM hors de FRANCE (ALLEMAGNE - ITALIE - ESPAGNE etc.). J'ai de très nombreux résultats tout à fait impressionnants. Les témoignages que j'ai recueillis (comme le proposait dans son courrier du 8 février 1990 le Docteur OLIVIER DUBOIS) et que j'annexe au présent mémoire en attestent. J'estime, que l'ordre des médecins a le devoir et les pouvoirs de provoquer une évaluation de ces dossiers. Sous son contrôle déontologique, je suis tout à fait disposé à participer à une telle évaluation. Le Docteur YANN EUGENE TIBERGHIEN a soutenu devant la faculté de MONTPELLIER et sous la présidence du Professeur HENRI PUJOL une thèse où était évoquée des cas de survie de malades de ce type. Je souhaite que le Conseil Régional du Nord Pas de Calais de l'Ordre des Médecins sollicite des universitaires et scientifiques pour initier une telle démarche.
 

COMMENTAIRES SUR LA PLAINTE DU CONSEIL
DEPARTEMENTAL DU PAS DE CALAIS
DE L'ORDRE DES  MEDECINS

1 - REMARQUES SUR LES CARACTERISTIQUES SINGULIERES DE LA PLAINTE

a) II est évoqué dans cette plainte l'exercice illégal de la médecine, ce qui correspond à la condamnation du Tribunal de Grand Instance de BETHUNE, confirmée par la Cour d'Appel de DOUAI. C'est très curieux, car je suis toujours régulièrement autorisé à pratiquer la médecine en FRANCE.

b) II est évoqué à ma charge des articles du Code de la Santé Publique or le Conseil Régionale de l’Ordre des Médecins, n'a à connaître que les manquements au Code de Déontologie Médicale.

c) Aucune plainte de patient n'est rapportée dans le document du Conseil Départemental. Au contraire le dossier concernant Mr G. L. établie sans ambiguïté qu'il a été traité durant 15 ans pour une maladie de kahler sans aggravation en conservant son état général, qu'il a surmonté une tuberculose pulmonaire et que malheureusement il est décédé d'une autre maladie: un cancer du colon traité dans le service du Professeur CLAUDE GAUTIER, au Centre Hospitalier de LENS.

d) Les documents cités n'ont fait à l'époque de leur production l'objet d'aucune plainte. Il m'est reproché d'avoir contrevenu aux articles 17 -18 et 19 du code de déontologie sans aucun argumentaire.

2 - A PROPOS DE LA CONDAMNATION PAR LE TGI DE BETHUNE CONFIRMEE PAR LA COUR D'APPEL DE DOUAI.

J'ai été condamné pour exercice illégal de la pharmacie. Il faut en préciser le contexte. J'ai été le conseiller d'une association de malades, dont les Présidents étaient Monsieur JOSEPH TOURNEL, puis Monsieur GASTON LEFLON. Cette Association a entrepris de faire fabriquer des produits mis au point il y a 50 ans environ par ARTHUR VERNES. Ces produits: les solutés de Vernes sont utilisés par de nombreux malades et conseillés par des médecins. Je n'ai jamais tiré le moindre bénéfice de cette action qui était entièrement bénévole et au service des malades. Il m'est apparu important de défendre ainsi le droit des malades de choisir leurs thérapeutiques. En aucun cas mon comportement n'a été contraire à l'honneur à la probité et ne ternit pas l'image du corps médical. J'ai agi en mon âme et conscience et je me tiens et me tiendrai toujours à cette attitude. Encore une fois pas la moindre plainte de malade dans le dossier de l'ordre.

Le TGI de BETHUNE a prononcé cette condamnation en vertu des articles L. 511 L.512 L.517 L.518 L.596 du code de la santé publique. Selon les lois et règlement en vigueur, le Conseil Régional ne peut que se prononcer par rapport aux articles du code de déontologie. Il n'a pas à prendre en compte les articles cités du code de la santé publique.

Le Tribunal de Grande Instance de BETHUNE et la Cour d'Appel de DOUAI ont prononcé une sanction qui reste symbolique. En effet, alors que la Loi permettait au Magistrat de prononcer une peine d'emprisonnement, celle-ci n'a pas été envisagée, même avec sursis.

En outre, et surtout, ni le Ministère Public ni le Tribunal, ni la Cour n'ont également envisagé une quelconque interdiction professionnelle.
Les Magistrats ont considéré qu'ils se devaient d'appliquer la Loi, quand bien même cela était regrettable, vu l'intérêt manifeste de l'action qui avait été entreprise par l'Association que je conseillais.
 
Par ailleurs, aucun Organisme ne s'est constitué Partie Civile devant le Tribunal de Grande Instance de BETHUNE ou la cour d'Appel de DOUAI. L'Ordre des Pharmaciens n'est nullement intervenu. La DRASS n'est guère plus intervenue en tant qu'autorité poursuivante.

Les faits reprochés remontent à l'année 1990. Le premier Jugement a été rendu en mars 1992 et l'Arrêt définitif en Janvier 1995. Il s'agit de faits anciens qui n'ont nullement troublé en quoi que ce soit l’opinion publique. Nul n'a prétendu que les faits poursuivis devant la juridiction pénale étaient des actes de nature à discréditer la profession ni un manquement à l'honneur.

Tant les faits que la procédure diligentée n'ont nullement porté atteinte à ma considération tant auprès de l'entourage professionnel qu'auprès des malades.

La loi N° 92-1279 du 8 décembre 1992 modifiant le livre V du Code de la Santé Publique et relative à la pharmacie et au médicament, admet «'utilisation de médicaments sans autorisation dans 3 cas: - traitement de pathologies graves, - patients atteints de maladies rares, - importation de médicaments reconnus à l'étranger.

3 - AFFAIRE DE LA LETTRE AU PROFESSEUR DEVULDER

À ce propos, je me contenterais de reprendre les termes de la lettre du 10 janvier 1989 du Docteur OLIVIER DUBOIS, qui présidait l'ordre des Médecins du Pas-de-Calais: « l'ensemble des praticiens a estimé que les attaques du Docteur LACAZE portaient essentiellement sur les méthodes d'enseignement, ou les qualités pédagogiques du Professeur DEVULDER. Il est parfaitement juste qu'à aucun moment, la compétence professionnelle d'un confrère n'a été mise en cause. » Je n'ai jamais eu connaissance de la mise en garde qu'il devait me faire et j'ai découvert au mois de novembre 1995 l'existence d'un dossier concernant cette lettre au Professeur DEVULDER, dont je ne mets en cause ni les méthodes d'enseignement, ni les qualités pédagogiques. J'estime au contraire qu'il est un remarquable pédagogue. Le centre de mon propos est de montrer la nécessité d'une médecine de terrain et de la nécessaire collaboration des 2 médecines.
 
La lettre de Monsieur DUBOIS, appelle de ma part une autre remarque. Il écrit: « nous avons été amené à examiner une lettre injurieuse adressée à un Conseiller Général du Département. » Par un courrier daté du 30 septembre 1988, ce Conseiller Général m'écrit: «j'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre ... qui met, pour ce qui me concerne, un point final au quiproquo qui avait pu naître sur ma seule responsabilité de la non-admission d'une habitante de W. à l'Aide Médicale Gratuite. Je partage par ailleurs tout-à-fait votre point de vue et je m'efforce avec les modestes moyens qui sont les miens d'avancer vers une société qui soit plus juste et plus fraternelle. »

4 - A PROPOS DE LA LETTRE DU DOCTEUR VAN RAES ET DE LA REPONSE DE MONSIEUR OLIVIER DUBOiS PRESIDENT DE L'ORDRE

J'ai agi d'une façon tout à fait déontologique, puisque comme j'en ai l'habitude, quand la famille m'a amené le malade, je me suis enquis du nom du médecin traitant. La famille m'a proposé de le voir. Ce qui a été fait par le fils du malade le 8 février 1989. Le Docteur VAN RAES m'a communiqué des éléments du dossier, et a pris connaissance de ce que je proposais. Il a refusé de collaborer et prévenu le Président de l'ordre. C'est son droit et j'estime que cela a été effectué très correctement. Le malade était malheureusement en phase terminale d'un cancer de la vessie traité par seule chimiothérapie. Il devait décéder le 15 mars 1989. J'ai proposé des moyens thérapeutiques pour améliorer au maximum son confort. Moyens, d'ailleurs figurant à la pharmacopée ou au Vidal, soit sous forme de spécialités soit sous forme de préparations magistrales homéopathiques.

Je joins le témoignage de Monsieur M. H.du 9 février 1989.
Je note sur la lettre du Docteur OLIVIER DUBOIS la phrase: « si vous souhaitez faire poursuivre le Dr LACAZE (qui est récidiviste des faits), vous voudrez bien me l'indiquer.» Je suis à plusieurs reprise intervenu auprès du conseil départemental pour avoir connaissance des faits qui justifient cette phrase de Monsieur DUBOIS. Il m'a été confirmé par courrier que n'existe aucun élément autre que ceux figurant dans le dossier du Conseil Régional de l’Ordre.

 5 - A PROPOS DE M. G. L. .

Je me contenterais de reprendre la lettre que j'ai envoyée à Monsieur le docteur J. J. HUART, le 18 janvier 1990, et qui figure dans les documents transmis au conseil régional. J’ajouterais simplement que Monsieur HUART n’a pas jugé bon de me répondre ni aux questions, concernant la révélation de la maladie à Mr G. L, ni sur l’effet de la thérapeutique instituée par mes soins en 1980. M. G. L est décédé d'un cancer du côlon en décembre 1994, après un traitement chirurgical et chimiothérapique dans le service du Professeur GAUTIER au Centre Hospitalier de LENS. Il a donc survécu 15 ans a une maladie de kahler, qui n'a pas entraîné son décès. Son bon état de santé a été constaté à plusieurs reprise par le Docteur FRANÇOIS lui-même: cf. courriers de ce médecin.

J’insiste enfin, sur le fait que le médecin-conseil de la CSM de COURRIERES a refusé que M. G. L soit suivi par une autre équipe hématologique que celle de LILLE. Comportement qui est parfaitement anti-déontologique selon le courrier du Président du Conseil Départemental de l'Ordre en date du 8 février 1990 et figurant au dossier. Il a transmis un dossier tronqué à l'Ordre des Médecins du Pas-de-Calais: les premiers documents de ce dossier, étant de 1989. L'actuel secrétaire général de l'Ordre National des Médecins Monsieur le Docteur DUBOIS alors président du conseil départemental du Pas-de-Calais écrivait dans ce même courrier du 8 février 1990: « le Dr LACAZE pratique depuis de nombreuses années, sans apporter la moindre preuve scientifique, la moindre communication ou témoignage, pour appuyer ses dires ou affirmations. » Je lui adressais aussitôt l'intégralité du dossier de M. G. L (que j'avais envoyé, auparavant au Centre Hospitalier de LENS dès que j'ai connu son hospitalisation). Ce qui a l'évidence constituait au moins un témoignage. Curieusement Monsieur DUBOIS ne m'a jamais répondu. Mais je prends note de sa demande de TEMOIGNAGES. En annexe de ce mémoire, figure de nombreux témoignages. Je note encore une fois, à l'inverse que dans le dossier d'accusation ne figure aucune plainte de patient.
 
Il est curieux que la plainte du Conseil Départemental évoque «la réclamation du Professeur Francis BAUTERS, concernant le Sieur Mr G. L de A., malade soigné au CHR », alors que ce malade était suivi par moi depuis 10 ans pour une maladie de kalher diagnostiquée en mai 1980, que j'avais envoyé L'ENSEMBLE DU DOSSIER A L'HOPITAL DE LENS, que j'avais clairement indiqué par courrier le traitement que prenais Mr G. L. Bref j'ai agi avec responsabilité dans l'intérêt de ce malade dans une clarté totale en donnant tous les éléments que j'avais en main. L'attitude des hospitaliers qui ont à cette époque pris en charge M. G. L est parfaitement ANTI-DEONTOLOGIQUE. Le Docteur FRANÇOIS, chef de service au Centre Hospitalier de LENS - PARFAITEMENT AU COURANT DE CE QUE J'AVAIS FAIT EN FAVEUR DE M. G. L. ET DE SON ETAT: PLUSIEURS LETTRES L'ATTESTENT- s'est permis en toute impunité de me traiter de « gourou qui influence ses malades », non seulement sans en apporter la moindre preuve mais en contradiction totale avec les faits. Il a exercé une pression injustifiée sur M. G. L. Je joins en annexe les lettres que j'ai envoyées a Monsieur  FRANÇOIS, à Monsieur BAUTERS et les réponses qui m'ont été faites.
 
Je joins des témoignages de M. G. L.
 
En conclusion:

1 - j'ai scrupuleusement respecté le code de déontologie, en apportant à M. G. L une thérapeutique qui lui a permis de survivre à une maladie de kahler, en  informant avec une grande précision les médecins hospitaliers en particulier qui ont eu à connaître son dossier. Il est de la responsabilité de ces praticiens de prendre en compte les effets de ces thérapeutiques, car ils sont seuls à disposer de l'infrastructure matérielle nécessaire. Dans le cas de GASTON LEFLON, il y avait eu abandon à son initiative de la  thérapeutique classique qu'il ne supportait pas, donc nécessité d'instaurer un autre  traitement.
2 - je note que le comportement de certains médecins hospitaliers fut particulièrement  anti-déontologique. L'un me traitait de «gourou qui influence ses  malades ». Il est vrai que l'ordre n'a pas à juger les comportements des hospitaliers  laissant à ces confrères toute latitude pour calomnier et tronquer la vérité des faits.
 

6 - A PROPOS DES COURRIERS DU DOCTEUR OLIVIER DUBOIS

a - Monsieur DUBOIS me fait un procès d'intention non fondé quand il écrit: « le Docteur LACAZE pratique depuis de nombreuses années sans apporter la moindre preuve scientifique, la moindre communication ou témoignage (souligné par moi), pour appuyer ses dires ou affirmations. » En effet, j'ai participé à la publication de témoignages, de travaux cliniques. Sont annexés à ce mémoire un certain nombre de témoignages qui d'une part montrent la réalité de ma pratique et d'autre part établissent des résultats tout à fait dignes d'intérêts de certaines thérapeutiques. En réponse à cette lettre, j'ai communiqué à Monsieur Dubois un dossier parfaitement documenté concernant M. G. L. Je comprends mal qu'il n'ait eu aucune réaction et que même contre toute évidence le Conseil Départemental soutienne que je n'ai pas produit de témoignage.

b - Monsieur DUBOIS fait état: - « de nombreuses démêlées avec le Doyen DEVULDER » -« qu'il est un opposant à l'ordre des médecins », - « qu'il refuse régulièrement sa cotisation », - « qu'il est un récidiviste des faits » . Monsieur DUBOIS invite des praticiens à porter plainte contre moi. Que se passe t- il ?

Je n'ai pas eu de démêlées avec Monsieur le Professeur BERNARD DEVULDER. Il est un personnage public, incarnant une pratique scientifique, médicale, et administrative que je ne partage pour l'essentiel pas. Je lui en ai fait part, par une lettre publique que je lui ai envoyée dans son service le 15 mars 1988. C'est mon droit le plus élémentaire. Je comprends pourquoi, je n'ai jamais reçu la « mise en garde très vive » dont parle Monsieur DUBOIS dans son courrier du 10 janvier 1989. Il est difficile de mettre en question, même pour l'Ordre des Médecins une liberté fondamentale. Mais quand même cette propension à grossir les faits....
 
c - J'ai été plusieurs années adhérent au Syndicat de la Médecine Générale, qui existe toujours, et qui a mené une longue campagne  contre l'Ordre des Médecins. Dans ce contexte nous avions refusé de payer notre cotisation à cet organisme. Comme d'autres confrères, j'ai été condamné par le Tribunal d'Instance à payer mes cotisations ce que j'ai fait. Monsieur DUBOIS mettrait-il en question le droit de se syndiquer de défendre publiquement et légalement ses idées?

7- CONCLUSIONS.

Il existe donc un ensemble de courriers, et de documents, en provenance du Conseil de l'Ordre des Médecins du Pas-de-Calais qui établissent:

- que rien de précis ne m'est reproché, hormis mes actions PUBLIQUES en faveur de la défense et de l'expérimentation des médecines différentes;

- qu'existe une volonté nette de me nuire. Le bulletin de l'Ordre des Médecins du Pas-de-Calais publie un éditorial sous la signature de son Président fixant parmi les 6 priorités de ce Conseil: « l'action à rencontre de confrères considérés depuis longtemps comme dénaturant l'image du corps médical et jusqu'alors, bien peu inquiétés ».

Cet ensemble de faits, pose un véritable et grave problème. Nous sommes en effet à un important tournant de la pratique médicale en FRANCE, révélée, par 3 ordres de faits. Il y a d'abord, la crise du système de financement liée à la crise sociale (chômage, exclusion). La crise de confiance liée à l'affaire dite du sang contaminé, est profonde, et ce d'autant qu'elle est soulignée par le surprenant et assourdissant silence de l'Ordre des Médecins. La troisième série de faits, concerne la crise du financement d'une partie de la recherche, liée en particulier à l'affaire de l'ARC et à l'incompréhensible comportement de grands ténors de la cancérologie française. Il faut rattacher, à cette dernière catégorie l'orientation quasi exclusive de la recherche, sur le génome. Pour moi, la question dite des médecines différentes est partie intégrante du problème auquel aujourd'hui notre société est confrontée. J'émets le voeu que ce problème pourra être examiné avec sérénité et dans son ampleur par le Conseil Régional de l'Ordre des Médecins du Nord-Pas-de-Calais. Les faits sont têtus, un phénomène de société encore plus.


CONCLUSIONS GENERALES

Il m'est principalement fait un procès d’opinion. Oui, je défends les médecines différentes. Oui, je demande leur expérimentation. Oui, j'ai mené cette action au plus haut niveau.

Non, je n'ai pas contrevenu au code de déontologie médicale, que j'ai respecté dans son essence: apporter aux personnes qui me font confiance le maximum d'aide et de respect, pour essayer de les guérir et de les aider à vivre. Non, je n'ai pas terni l'image du corps médical. Non je n'ai tiré aucun profit personnel des actions que je mène, bien au contraire.

Mais qu'on ne s'y méprenne pas, mon ambition est et reste de concourir à l'édification du Service de Santé de demain. Aujourd'hui, dans les mentalités, dans l'idéologie médicale dominante, dans les institutions (exemple la sécu), ce qui prime c'est à plus de 95% traiter la maladie. Il en résulte des recherches de pointe comme celles sur le génome, sur la fécondation in vitro, sur les moyens chimiques d'abaisser artificiellement le cholestérol etc... etc. il s'agit de traiter les maladies dans une optique purement anatomo-clinique.

Il convient de changer de cap et d'axer le système et les ressources sur la prévention. L'étude du Professeur RENAUD sur la prévention des maladies cardio-vasculaires par le régime crétois en est le prototype.
 
Il s'agit bien dans cette perspective d'assurer sa place à chacun, professionnels de tout type et usagers. Il s'agit tout particulièrement de réhabiliter les médecines populaires et traditionnelles, les médecines marginalisées, les médecines différentes. Ceci sur la base d'une évaluation adaptée (on n'évalue pas d'une façon identique un anticancéreux et une méthode agissant sur le terrain d'une personne ou d'une population) et une synergie entre les pratiques médicales. L'objectif devra alors être de potentialiser les pratiques.
 
La santé appartient aux citoyens de ce pays. C'est à eux de la gérer et non à une caste de professionnels recroquevillés sur leurs prérogatives, et tranchant au nom d'une science incertaine.
 
Les propositions d'évaluation que j'avais contribué à établir peuvent constituer une des bases de discussion. La balle est aussi dans votre camp. Vous pouvez décider d'agir pour que les choses changent, qu'une évaluation soit mise en route. Vous pouvez prendre ce  risque historique.
Liévin le  15 mars 1996
 

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