Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 12:18

gueant-claude-ministre-interieur-572541-jpg_392625.JPGPeu avant de faire ses cartons, le ministre de l'Intérieur a fait publier en urgence deux décrets majeurs sur le fichage des individus en France. Publié dans l'hebdomadaire Le Point du 10 mai 2012. Auteur: Guerric <poncet

 

 

 

FICHIER GEANT: LE CADEAU DE DEPART

DE CLAUDE GUEANT

 

     Claude Guéant veut laisser son empreinte avant de quitter la place Beauvau. Afin que la très controversée loi sur la sécurité Loppsi 2, voulue par Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux, ne reste pas au fond des tiroirs - comme beaucoup de lois votées -, le ministre de l'Intérieur a fait paraître au Journal officiel du 8 mai le décret d'application d'une des mesures phares de la Loppsi 2, le "fichier d'analyse sérielle". Derrière cette dénomination barbare se cache une véritable arme atomique contre la vie privée, puisqu'il s'agit ni plus ni moins d'exploiter ensemble toutes les données dont disposent l'État et ses services sur un individu. Cela inclut les données qui peuvent être réclamées à des entreprises, par exemple l'ensemble de l'activité sur Facebook, les communications par email, les sites web consultés depuis un abonnement à Internet, etc.

     Ce n'est pas le seul cadeau de départ de Claude Guéant. La Loppsi 2 prévoyait déjà de fusionner les fichiers de police (Stic) et de gendarmerie (Judex), et de conserver des données jusqu'à quarante ans, grâce à un décret lui aussi paru très opportunément au JO, dimanche 6 mai, jour de l'élection de François Hollande. La loi permet donc désormais aux policiers et aux gendarmes des recoupements beaucoup plus précis, y compris avec des informations biométriques. Les abus dans les accès aux fichiers de police étant nombreux, y compris au profit d'officines extérieures à l'État, les défenseurs de la vie privée ont exprimé leurs plus vives inquiétudes.

 

Consensus à droite et à gauche

     Le fichier d'analyse sérielle peut exploiter des photos permettant l'identification des individus, via l'empreinte de leur visage (distance entre les yeux, courbes, positionnement du nez, etc.). Couplé au réseau national de caméras de vidéosurveillance (ou de vidéoprotection, leur appellation officielle), l'État dispose d'une arme redoutable contre les criminels, mais aussi contre l'ensemble de la population. Et c'est bien ce que dénoncent aussi les défenseurs de la vie privée pour qui, une nouvelle fois, au nom de la lutte contre le terrorisme, l'exécutif réduit drastiquement l'application de certaines libertés fondamentales.

      Via ce nouvel outil, officiellement à la disposition des forces de police sous certaines conditions (de gravité de l'affaire, notamment), l'État se dote d'un arsenal de surveillance inquiétant. D'autant plus que, si certains décrets et lois devraient disparaître avec l'arrivée d'un gouvernement de gauche, les questions de sécurité ont toujours fait en France l'objet d'un consensus surprenant. Le plan Vigipirate, qui prévoit un État d'exception (étape intermédiaire avant l'État d'urgence et l'État de siège) et donc des dérogations à la Constitution, est en vigueur depuis le milieu des années 1990. Des gouvernements de droite et de gauche se sont depuis succédé, sans jamais le remettre en question. Il est donc peu probable qu'un changement de gouvernement remette en cause les "acquis" des lois sécuritaires face aux libertés fondamentales.

 

Deux tout petit commentaires. 

D'abord, n'oublions pas que ce sont les ministres "socialistes" Chevennement et Vaillant qui ont mis en place les premières mesures de surveillance systématique de la population. En particulier en 2001, au prétexte des attentats du septembre (à ce propos, avez vous entendu parlé de la 3ème tour qui s'est totalement effondrée entre deux tours restées intacte et sans qu'aucun avion ne l'ai percuté?) ont été mise en place des lois "sécuritaire" (lois contre le terrorisme et le trafic de produits illicites), mais a durée limité. Sarko, n'a eu, par un simple décret, qu'à les rendre définitives.

Le fichier STIC est le prototype du fichier anti-constitutionnel. De quoi s'agit il? Chaque fois qu'une infraction nécessite l'intervention de la police, et de quelques nature qu'elle  soit, depuis par exemple des tapages nocturnes jusqu'à l'homicide, les forces de l'ordre établissent des fiches avec noms des auteurs du délit, noms des témoins, noms des victimes. Ensuite, ces fichiers peuvent être consultés en temps réel par n'importe quel policier, à l'occasion d'un contrôle par exemple. En quoi réside l'illégalité? en ce que chacun peut être fiché AVANT toute condamnation par un tribunal. On peut donc être déclaré coupable sans avoir été jugé.  D'ailleurs, les forces de police ne s'y trompent pas, elles utilisent le mot récidiviste pour qualifier un éventuel délit commis par une personne déjà inscrite sur le dit fichier, mais qui n'a pas été ni jugée ni condamnée. Fleur sur le gâteau, il peut être produit devant un tribunal. Ce fichier a été souvent dénoncé, mais il persiste.

Personne ne regretera Guéant. Mais si ces lois scélérates ne sont pas abrogées et si un clone de Guéant accède au ministère de l'intérieur, il faudra se poser des questions! Et surtout savoir réagir.

Jacques Lacaze

Partager cet article

Repost 0
Published by Jacques Lacaze - dans Liberté j'écris ton nom
commenter cet article

commentaires

Michel Braud 12/05/2012 21:42


En ce qui concerne le 11 septembre, Thierry Meyssan avait déjà soulevé toutes les anomalies dans l'année qui a suivi. Les videos de la tour 7 existent depuis le 1er jour. Je trouve cela
surprenant que des gens découvrent cela maintenant. Il est certain que s'ils se contentent des chaines de télévision pour leurs informations, ils survoleront leur vie comme des anges naifs.