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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 16:34

marianne-picasso-03 

     Le gouvernement du général de Gaulle de la Libération a instauré le système de sécurité sociale. C'est le Ministre communiste Ambroise Croizat qui en a été le maître d'oeuvre. C'est un système généreux qui et considéré encore comme faisant parti de notre quotidien. Rappelons que son principe est que chacun cotise en fonction de ses ressources (selon ses moyens) et reçoive en fonction de son état de santé (selon ses besoins). Il a permis à des générations de personnes dans notre pays d'au moins restaurer leur santé.
     Mais il a permis aussi à l'industrie pharmaceutique de se développer et de passer des petits laboratoires issus d'officines à la grande industrie multinationale. L'essor de la pharmacie s'est aussi fait au rythme des découvertes de grands médicaments durant globalement ce qu'on a appelé les 30 glorieuses (de la Libération aux années 70). Les bénéfices de l'industrie pharmaceutique ont été fabuleux. Cette industrie s'est progressivement institué comme véritable pilote du système de distribution des soins appelé faussement système de santé. Cette véritable dictature des médicaments industriels était la seule façon pour le système économique en place, le système capitaliste de se s'implanter dans le marché des soins et de la santé. De se reproduire dans ce secteur en quelque sorte, comme il s'est reproduit à la campagne par le tout chimique   .....  au dépend enotre santé.

     Comme chacun le sait la sécurité sociale est affublé d'un trou à géométrie variable qui tel le monstre du loch-ness nous est régulièrement rappelé pour justifier des atteintes au système de sécurité sociale, actuellement quasi vidé de ses possibilités. Bref, elle sa fonction de financement de l'industrie pharmaceutique connaît des difficultés. Aussi, cette industrie développe son volet médicaments grands public avec pub à la télé.
     Mais, ce qui est moins connu, c'est qu'elle connaît une grave crise  liée au fait qu'elle ne trouve plus de nouveaux médicaments. Hors notre système économique est basé sur la croissance qui implique  "l'innovation" permanente et toujours de nouveaux "produits" sur le sacro saint marché. En réponse, d'une part, elle recycle les anciens médicaments, avec de nouveaux look et elle s'installe dans les bio-technologies. Et dans ce domaine les prix sont astronomiques. Ce qui a des conséquences sur le système de remboursement.
      Mais nos économistes et nos dirigeants  politique sont plein d'imagination. 
Le Professeur Claude Le Pen, professeur d'économie de la santé à l'Université Paris Dauphine pose la question: "Va-t-on en France soigner les malades en fonction de la valeur économique des années qui leur restent à vivre ? L’accès à un traitement dépendra-t-il du prix qu’une agence publique ou qu’une commission d’experts voudra bien accorder à la vie des patients ? Sous prétexte que les médicaments nouveaux et innovant sont souvent (très) chers, les réservera-t-on à ceux qui, non seulement, en tirent un bénéfice, mais, en plus, en tirent un bénéfice économiquement « suffisant » ?
La réponse est oui!
     Les économistes de la santé et les autorités sanitaires d'outre manche ont déja tranché: une année de vie vaut 30 000 livres (environ 36 000euros)! Pour le commun des mortels anglais, le coût des prestations de santé et donc de la pharmacie ne doit pas excéder ce chiffre. Mais bien entendu, ceux qui peuvent se payer jets privés, châteaux, rolls royce bref les     riches se foutent complètement de ces limites ....

     Le professeur Claude Le Pen signale que  "les lois de financement de la sécurité sociale pour 2008 et 2012 ont introduit la notion « d’évaluations médico-économiques » dans l’appréciation de « l’efficience » d’un nouveau médicament. Si pour l’heure la prise en considération de ce critère n’a pas encore valeur d’obligation, son introduction signe un changement de philosophie majeure". Bien entendu personne n'en a pris conscience.

 

    Le Parlement français a adopté "une disposition législative exigeant que les laboratoires pharmaceutiques mettant sur le marché des médicaments plus efficaces et plus chers que les produits existants produisent des « évaluations médico-économiques » afin d’en établir « l’efficience ». En clair, souligne l'économiste de la santé il faut que les laboratoires  prouvent que le rapport entre le coût monétaire du traitement et le bénéfice sanitaire pour les patients (dans sa double dimension quantitative et qualitative) est acceptable. Et cela passe ... par une monétarisation de la vie humaine, ou, pire encore, des années de vie humaines. Car si nous avons tous une seule et même vie, nous avons tous des espérances de vie différentes et la valorisation économique de ces dernières est fortement discriminante à l’encontre des plus âgés et des plus malades dont le « reste à vivre » est par définition plus faible que celui des patients jeunes et pas trop souffrants". Va t on  vers la mise en place d'un système d'euthanasie? La question est désormais posée par le cours actuel des choses.

 

     Pour Claude Le Pen, "cette disposition est passée relativement inaperçue (en dehors des milieux concernés) en raison de son ambiguïté (que veut vraiment dire l’expression « médico-économique » ?), de son apparent bon sens (« pourquoi payer cher des produits qui n’apportent pas grand chose ? ») et de la cible officiellement désignée, les labos pharmaceutiques. Sauf qu'en l’occurrence (et au terme même de la loi) les produits concernés sont précisément ceux qui apportent quelque chose de réel et de prouvé ; sauf que ce sont les patients, et notamment ceux atteints de cancer ou de pathologies rares, qui risquent d’être les plus sures victimes de dispositions insuffisamment réfléchies".

 

     Sous le nom de NICE, existe en Grande Bretagne une valeur monétaire de la vie humaine: 30 000 livres. Elle peut atteindre 100 000 livres si la maladie est ultra rare. Pour ce faire, il  a fallut que le produit innovant permette une survie d'au moins un an! C'est très british!

     C'est la particularité du système anglais qui autorise cette conception,  par ailleurs très contestée en Angleterre même.

    Le principe en France (constitution) est l'égalité de tous devant la loi, et celui de la protection sociale, pour chaque citoyen de ce pays, comme je le rappelle au début de cet article est de chacun selon ses moyens a chacun selon ses besoins. C'est le principe même de la société communiste utopique qu'a proposé un certain Karl Marx et qui n'a connu aucune réalisation réelle sur notre planète bleu. Le même Merx disait que cette société devrait établir le principe que la liberté de chacun était la condition de la liberté de tous.

 

     Bref, nous allons à grand pas vers la société anglo saxonne ou absolument tout est obtenu en fonction de sa bourse.  

     Time is money. Mais c'est notre temps de vie qui est en question. C'est notre civilisation moderne fondée par la Révolution Française: Liberté Egalité Fraternité qui est mis attaqué dans ses racines même (cela fait longtemps que dans la pratique notre devise nationale est lettre morte!)

       Yes I can! Saurons nous arrêter cette dérive et revenir à nos valeurs ?

Jacques Lacaze

 

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Published by Jacques Lacaze - dans Médicaments
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commentaires

Michel CIALDELLA 27/01/2013 15:58


ll n'est pas juste de valoriser le Général De Gaulle en ce qui concerne la Sécurité sociale. Non seulement il n'a pas
signé les ordonnance mais il l'a combattue dès 1948.


En pièce jointe, la déclaration que j'ai faite à l'occasion du 60e anniversaire de la Sécu en 2005 comme administrateur CGT à la CPAM de Grenoble.


On peut égalmement consulter mon blog:


 http://michel-lecitoyen.blogspot.com

Jacques Lacaze 27/01/2013 16:00



Je publie dans un nouvel article la déclaration faite par Michel à l'occasiion du 60 ème anniversaire de la sécu.