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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 11:06

Espagne : partir ou chômer,

sombre avenir pour les

professionnels de la santé

 

Troisième  volet de la revue médicale en ligne Egora.fr: série de focus dans trois pays particulièrement touchés par la crise: Portugal, Grèce, Espagne mais aussi Grande-Bretagne   ......  

Ils sont 4 717 médecins généralistes au chômage, selon les dernières statistiques de l’Observatoire de l’emploi public espagnol, qui datent de janvier dernier. Un chiffre en hausse de 42 % sur un an. Et déjà plus de 2400 à avoir quitté le pays en 2012, pour s’établir, pour la moitié d’entre eux, au Royaume-Uni mais aussi en Allemagne, au Portugal, en Suisse, en Norvège et en Autriche.

L’Organisation médicale collégiale (OMC), qui attribue les certificats de conformité obligatoires pour travailler à l’étranger, précise aussi que depuis le début de la crise, il y a cinq ans, 6215 médecins sont partis. "Ces chiffres sont emblématiques de la crise sanitaire que nous traversons en Espagne, explique Fernando Molina, président du secteur de la santé au sein du syndicat de fonctionnaires CSI-F. Et cela ne devrait pas aller en s’arrangeant au vu des budgets 2013, qui baissent partout, sauf dans trois communautés autonomes, poursuit le syndicaliste qui exerce en Andalousie, une région particulièrement touchée par la crise. On est donc quasiment assurés que le chômage du personnel soignant va continuer de croître." Une aberration quand on sait que former un médecin coûte 200 000 euros à l’État, et 140 000 euros pour un infirmier. Des investissements qui sont en train de partir en fumée.

 

"Il n’y a aucun poste qui se crée, ni même de remplacements"

 Ainsi, Angela Rodriguez, 29 ans, infirmière dans une zone rurale de Galice. Elle jongle depuis un an entre un temps partiel dans une maison de retraite et des vacations qui se font de plus en plus rares à l’hôpital. Son espoir d’obtenir un poste fixe se réduit de jour en jour. "Mon avenir, raconte-t-elle, pour ce qui est de l’assistance publique en tout cas, me paraît très sombre. Il n’y a aucun poste qui se crée, ni même de remplacements. Dans l’hôpital où je travaille, ils ont licencié un pédiatre et un médecin urgentiste. Les gardes de nuit ne sont plus effectuées que par une seule infirmière. Quid s’il y a deux urgences la même nuit ? Ils pensent peut-être qu’on peut être à deux endroits différents en même temps ! Le matériel est de moins en moins bonne qualité, le temps passé avec chaque patient ne cesse de diminuer… Les coupes budgétaires se font partout."

Le 17 février dernier, c’est tout naturellement qu’elle a fait la route jusqu’à Madrid pour participer à une nouvelle marea blanca (marée blanche) en faveur d’une santé publique. L’État prévoit en effet de privatiser six hôpitaux de la capitale et vingt-sept centres de santé. "Cette privatisation va augmenter davantage la pression sur le personnel hospitalier. On va nous demander de travailler toujours plus en nous payant toujours moins, s’oppose Fernando Molina, du syndicat. Lui a déjà perdu 980 euros par mois sur son salaire. Actuellement, la pression est déjà très forte. Les départs à la retraite ne sont pas remplacés, les arrêts maladie non plus. Du coup, il faut faire son travail en plus de celui de son collègue, ce qui provoque encore plus d’arrêts. C’est le poisson qui se mord la queue, à force de trop tirer sur la corde, elle va finir par se casser. Nous sommes totalement accablés."

 

Du côté des usagers, c’est aussi le ras-le-bol qui se fait sentir. Les coupes budgétaires menées dans le secteur de la santé depuis 2010 ont permis d’économiser 7 milliards d’euros, mais à quel prix? (et surtout qui a encaissé ces 7 milliards, sinon les financiers qui prêtent à taux usuraires aux états alors que la banque centrale européenne leur fournit de l'argent quasi à taux zéro!). Dans plusieurs communautés autonomes, c’est désormais au patient de payer le transport en ambulance "non urgent" tel que dans les traitements contre le cancer ou les dialyses.

 

 Pour la première fois, les retraités paient les médicaments

Depuis juillet, les retraités sont obligés, pour la première fois, de payer leurs médicaments, à hauteur de 10%. Pour le reste des Espagnols, le prix est désormais proportionnel à ce qu’ils gagnent (jusqu’à 60 %). 456 médicaments ont également cessé d’être remboursés depuis juin 2012. Et les listes d’attente dans les hôpitaux pour les patients devant subir une opération ne cessent de s’allonger.

 

Desiderio Linares était pâtissier à Barcelone. En 2009, il a subi une troisième opération du ménisque, tout en sachant que c’était une opération transitoire qui lui permettrait de tenir deux ans. "À l’époque, raconte-t-il, on m’a expliqué que la meilleure solution serait de me poser une prothèse dans chaque genou, mais cette opération coûtant très cher à l’État ils préféraient attendre et ne pas la faire sur quelqu’un d’aussi jeune." Desiderio avait alors 53 ans. Son cas nécessite une longue récupération, autant de temps où il aurait fallu lui verser des indemnités… Seulement, un an après l’opération, il a dû retourner plusieurs fois aux urgences à cause de douleurs insoutenables et a dû s’arrêter de travailler plusieurs fois. Depuis, il attend la date de l’intervention.

 

 

 

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Published by Jacques Lacaze - dans Santé
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commentaires

LERBET 31/05/2013 18:39


Pour info, vis-à-vis de ce qui se passe en Espagne. Il n'y a pas que les professionnels de la santé qui sont dans cette situation. Certains universitaires licenciés postulent en France sur des
postes d'Ater (poste intérimaire de 1 an)  qui sont réservés théoriquement aux thésards français (BAC+ 8 mais non qualifié ou en cours de qualification pour avoir le droit de postuler aux
concours ouverts par les universités chaque année) et étrangers de dernière année ou qui n'ont pas obtenu de poste de Maître de Conférence car si déjà la qualification n'est pas systématique (60%
de reçus), être reçu à l'un des concours pour obtenir un poste est loin d'être une promenade de santé (25% de reçus maximum au 2° tour cest-à-dire que la commission retient environ 4 candidats
sur 30 à 50 postulants pour ce second tour et il n'y a ensuite qu'un élu.C'est ici enFrance!!! et les espagnols tentent de venir prendre des postes puisqu'il n'y a plus rien chez eux ( mon mari
vient de se taper les procédures de recrutement ce mois-ci ) Il n'y a plus de poste en Espagne.  Alors, je ne vous parle pas des Professeurs des Universités qui recommencent en France le
même parcours du combattant mais à Bac + 13 et qui voient là aussi débarquer des espagnols qui ont perdu leur job. Le problème est que de très nombreux français n'ont pas de poste non plus .....


Pour les médicaments, les Pharmaciens sont tellement attaqués actuellement que  12 000 emplois ont été perdus entre octobre 2010 et début 2012 et le même nombre doit disparaître d'ici 2015
puisque le ministère de la santé a demandé la supession de 2200 officines et un regroupement des "restantes" pour faire face à leur demande de  diminution substancielle des marges sur les
médicaments. Vous voyez vous n'aurez plus à vous battre contre les pharmaciens et le système médical français va aussi très mal...Et le déremboursement des médicaments nous pend au nez! (C'est
déjà à l'étude pour un certain nombre d'entre eus avec un désengagement de la sécurité sociale à compenser par des assurances sociales privées....Mais faites attention à vous car , de nombreux
logiciels ont été mis au point par les informaticiens , à la demande des ministères,  pour un diagnostic direct par les ordinateurs sans passer par un médecin: on est à l'heure de la haute
technologie...


Vive l'Europe, n'est-ce pas!!! Mais quand les français vont-ils réagir????........


 


Brigitte Lerbet , Docteur en Pharmacie et master de Psychologie clinique


Jean lerbet Ingénieur des Ponts et Chaussées.


Docteur -ingénieur et agrégé de mathématiques


DEA de Philosophie et    ... Professeur des Universités (Paris)


 

Jacques Lacaze 31/05/2013 19:09



Un immense merci pour ce témoignage qui est une très bonne malgré sa briéveté, mise au point sur l'état de la recherche en France. La mise en place d'un marché mondial de la recherche et de
l'enseignement à l'origine de ce que vous décrivez est simplement - à mes yeux, bien sur - la solution qu'ont trouvé les politiques et bureaucrates au service du capital pour que le système
capitaliste se reproduise dans l'enseignement et la recherche, comme l'industrie pharmaceutqiue est la façon de se reproduite dans le système de distribution des soins. Et c'est profondément
destructeur. On a tout simplement enlevé au pharmacien et au médecin la liberté thérapeutique. Nous n'avons plus le droit sur la base des connaissances  - et je pense que c'est considérable
pour le pharamacien - acquises de concevoir un remède en dehors de big pharama et de la sacro sainte méthode du double aveugle. J'ai fréquanté le service du Pr Lucien Israël: il était très opposé
à cette méthode et partisan de la liberté thérapeutique en cancérologie. Il adaptait très bien ses protocoles en fonction du malade, et savait trouver des contrefgorts souvent efficaces. J'ai vu
des personnes mourir suite à l'application sous oeillres de protocoles. 


C'est l'Europe céée à Rome, Maastricht etc ... dans le cadre de la mondialisation permettant aux grands trusts de prospérer qui impose ces solutions. Et maintenant nous allons avoir un traité
transatlantqiue et l'obligation de tous parler anglais. 


Jean: ensegnez vous la philosophie?


Encore merci.