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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 17:16

Morel-JKean-Michel-Dr.jpgNE LAISSONS PAS

DISPARAITRE LES

TEINTURES-MERES

HOMEOPATHIQUE! 

 

 

 

LETTRE OUVERTE du Docteur Jean-Michel MOREL DE BESANCON

Il est Président de la Société Franc-Comtoise de Phytothérapie et d’Aromathérapie et Chargé de cours au DU de Phytothérapie et d’Aromathérapie en Faculté

LES TEINTURES-MERES: UN PATRIMOINE MEDICAL ET PHARAMCEUTIQ EN GRAND PERI 

La liberté de prescription du médecin, la pratique de la phytothérapie et la pluralité thérapeutique sont menacées.

Pour le patient, le libre choix de son praticien et de ses modalités de soins ne seront plus respectés. (Et surtout sa santé est en jeu. J L)

Va-t-on éliminer l’usage médical des plantes ?

De très nombreuses souches de Teintures-Mères (TM) sont amenées à disparaître, en raison d’une réglementation européenne contraignante[1]. L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM, anciennement AFSSAPS) a initié un calendrier de mise en conformité en 2001 qui se termine en 2015. Les professionnels médecins phytothérapeutes n’ont pas été invités à participer aux prises de décision. (pas plus bien sur que les usagers J L)

Dorénavant, cette directive séparera arbitrairement deux catégories de médicaments :

  1. Les médicaments à enregistrement homéopathique (EH) qui répondent à certains critères, mais surtout qui démarrent de la dilution 2CH (2° centésimale, correspondant à la 4DH, 4° décimale soit 1/10000° ou 10-4) pour aller jusqu’à la 30CH (ou 60DH, dilution 10-60)
  2. Les médicaments à autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les autres, dont les teintures-mères.

Le critère retenu par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) pour abroger les TM par fournées entières est une « bibliographie homéopathique jugée insuffisante », ce qui a pour conséquence, non pas un déremboursement, mais uneinterdiction de leur délivrance en officine.

Deux questions se posent d’emblée :

   -  Pourquoi séparer les TM et les dilutions ?

Les technocrates de Bruxelles ont décidé de faire démarrer arbitrairement l’homéopathie à la 2° centésimale, pour des raisons d’innocuité, et pour permettre un enregistrement simplifié. Malheureusement, cette directive sert de prétexte à une mise en coupe réglée des teintures-mères.

Les TM sont d’usage très ancien avec une grande sécurité d’emploi. Elles sont utilisées par les homéopathes eux-mêmes, avec des indications puisées autant dans la matière médicale de phytothérapie[2] que dans celle d’homéopathie[3]. En outre, la bibliographie scientifique à propos des plantes médicinales est considérable.

Les TM sont définies par leur mode de fabrication[4], et servent de souche de base pour les préparations homéopathiques. Elles répondent à la définition des « alcoolatures » en phytothérapie et sont très utilisées du fait de leur grande diversité (jusqu’à présent, nous disposions de quasiment 800 souches). Elles sont considérées par les médecins comme des produits « éthiques », les « médicaments génériques de la phytothérapie ». Ce sont des formes galéniques du domaine public et des matières premières précieuses pour les pharmaciens. Elles ne donnent pas lieu à une concurrence comme les autres formes galéniques.

  1. Pourquoi demander une bibliographie uniquement « homéopathique » ?

Une bibliographie scientifique sérieuse ne peut pas séparer un auteur « homéopathique » et un auteur « non homéopathique ». Une souche de plante, ce sont des propriétés vérifiées à différents dosages, parfois pondéraux, parfois à des dosages très faibles voire infinitésimaux, et parfois dans ce cas avec une pathogénésie (expérimentation homéopathique). En tout cas, c’est un continuum d’effets qui relie l’homéopathie et la phytothérapie sans séparation.

De plus, on veut supprimer des TM parce qu’elles ne font pas partie de l’homéopathie, mais on leur refuserait une AMM sous prétexte qu’on n’a pas de bibliographie homéopathique ! Quelle contradiction !

 La pluralité thérapeutique génère des économies de santé

Le chiffre d’affaires qui résulte des ventes de médicaments est estimé à 21,7 milliards d’euros dans les officines en 2011[5]. L’usage excessif de médicaments dans des pathologies de médecine générale en première intention génère des coûts importants et parfois indus, avec une pérennisation des traitements et une augmentation des pathologies iatrogènes. Trop souvent, on applique la maxime : «  Aux petits maux les grands remèdes ! ».  Il faut au contraire favoriser le recours à des pratiques simples, respectueuses de l’environnement et de la physiologie de nos patients. Dans ce domaine, l’utilisation de la phytothérapie sous diverses formes galéniques dont les teintures-mères représente une alternative pertinente, fiable et de bonne sécurité.

 

La prescription des plantes médicinales rencontre actuellement un franc succès en médecine générale, de nombreux confrères prescrivent avec compétence et conviction, générant ainsi des économies non négligeables.

Pour nous phytothérapeutes, comme pour les homéopathes, la suppression programmée des TM est une véritable catastrophe : nous étions fiers de cette variété de plusieurs centaines de souches détenues par les laboratoires homéopathiques. Cette ruine progressive de la matière médicale ne nous laissera que quelques dizaines de plantes sous forme de phyto-médicaments manufacturés, privant ainsi les médecins de leur liberté de prescription et amputant une part importante de leur arsenal thérapeutique. Imaginons que les médecins n’aient à leur disposition que 30 ou 40 remèdes pour soigner tous les maux de leurs patients !

 Nos propositions

 Nous demandons donc instamment aux pouvoirs publics de modifier l’application de cette directive pour permettre une simpleinscription sur la liste des TM de toutes les plantes qui sont déjà à la Pharmacopée, et en outre de celles utilisées par la tradition, possédant une bibliographie scientifique et de bonne innocuité. C’est tout à fait possible.

  • Aux laboratoires homéopathiques, nous demandons de faire le maximum pour inscrire progressivement toutes les plantes dont nous avons besoin, en concertation avec les professionnels utilisateurs.

Nous sommes conscients que cela représente un travail important pour les laboratoires d’homéopathie qui ont toujours été les garants de la conservation de ces souches, mais dans le monde de la phytothérapie et de la pharmacognosie, de nombreuses bonnes volontés peuvent s’associer pour aider à réunir les documents et la bibliographie nécessaires.

RÉFLEXIONS CONNEXES

 La phytothérapie de prescription médicale s’implique dans une démarche responsable, écologique, favorisant la biodiversité et le développement durable.

 En France surtout, la teinture-mère est un patrimoine précieux, dont la disparition pourra laisser le champ libre à des pratiques venues d’ailleurs. Par exemple, les formules de médecine traditionnelle chinoise ou ayûrvédique font de plus en plus l’objet de brevets et d’expérimentations cliniques. Leur motivation commerciale est évidente. Il est urgent de reconnaître chez nous l’historicité, la spécificité et l’originalité de la préparation magistrale de phytothérapie.

Ce Nième coup dur pour l’usage médical des plantes, mettant à chaque fois un coup d’arrêt à des prescriptions responsables, ne nous fera pas penser pour autant à une « cabale anti-phyto ». Néanmoins, il montre que le lobbying homéopathique fonctionne beaucoup mieux que celui de la phytothérapie, dont les pratiques et les intérêts sont très dispersés.

L’OMS[6] fait la promotion de l’emploi des plantes médicinales dans tous les pays, observe un usage par les trois quarts de la population mondiale, reconnait qu’elles sont source d’emplois, d’innovations, d’économies de santé, de réduction de la iatrogénie.

La phytothérapie est choisie par de nombreux individus qui désirent être acteurs de leur santé, dans une démarche responsable. Nos patients font un choix. Ils s’impliquent dans la prise en charge de leur capital-santé, ils ont droit à être respectés sur ce plan. Ne va-t-on pas évincer les plus vertueux ?

La prise de conscience écologique doit pénétrer le monde de la santé, et l’usage des ressources médicinales de notre environnement en est l’un des éléments majeurs.

Chez les médecins, l’étude des plantes et de leurs principes actifs est indispensable à la connaissance critique du médicament. À qui profite l’ignorance ?

La pratique de l’homéopathie a beaucoup évolué depuis la fermeture du secteur 2 de la convention médicale aux médecins généralistes, ce qui ne leur permet plus de demander des honoraires convenables pour une consultation longue. Les nouveaux homéopathes qui pratiquent en secteur conventionnel sont convaincus, mais ils ont moins de temps que leurs ainés, et sont moins nombreux à pratiquer une homéopathie uniciste très exigeante et chronophage.

De ce fait, ils ont recours de plus en plus à des prescriptions complexes, ou pluralistes, et en tout cas aux teintures-mères.

Les teintures-mères sont du domaine public. Leur prescription s’effectue en latin, par la Dénomination Botanique Internationale, qui correspond point pour point à la Dénomination Commune Internationale des substances chimiques (DCI), qui sert à la prescription des médicaments génériques.

Aura-t-on pensé aux producteurs de plantes, que cette mesure furtive risque de mettre sur la paille, s’ils ont tout consacré à l’approvisionnement des laboratoires homéopathiques en plantes fraîches de qualité ?

J’espère que le monde de la santé et le monde politique prendront conscience de l’enjeu et des conséquences de cette décision absurde. Il faut absolument modifier l’application en France de cette directive.

 Notes: 

 [1] Directive Européenne 92/73/CEE transposée en Droit français avec décret d’application en 1998 (Décret n° 98/52 du 28 janvier 1998) consultable sur http://admi.net/eur/loi/leg_euro/fr_392L0073.html

[2] Tétau M, Bergeret C. La phytothérapie rénovée. Ed. Maloine. 1983

[3] Coulamy A, Jousset C. Basses dilutions et drainage en homéopathie. Ed. Similia. 2000

[4] macération prolongée de plante fraîche dans l’alcool selon un protocole codifié

[5] ANSM, Octobre 2012, Analyse des ventes de médicaments en France en 2011

[6] « Réglementation des médicaments à base de plantes. La situation dans le monde » de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 1998 http://apps.who.int/medicinedocs/pdf/s2226f/s2226f.pdf

 

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Published by Jacques Lacaze - dans Médicaments
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commentaires

Chlorophylle 24/09/2015 11:40

Complètement d'accord, moi qui me soigne depuis des années avec l'homéopathie mais aussi avec les teintures-mères. Je suis scandalisée par cette politique qui nous obligerait à ne consommer que de l'allopathie, dont je me méfie : quand elle soigne d'un côté, elle détraque de l'autre... Comment peut-on faire pour obtenir que les teintures-mères continuent à être disponibles ? Boiron en réduit nettement la fabrication et nombre d'entre elles deviennent introuvables... Pétition ?
Merci de nous dire si des actions sont possibles. L'homéopathie m'a sauvé la vie et j'ai sauvé celle de mon fils (lors d'une crise d'asthme spectaculaire) grâce aux granules... mais là encore, la politique générale tend à discréditer cette médecine... C'est lamentable de s'attaquer ainsi à des remèdes naturels!

Jacques Lacaze 24/09/2015 15:33

L'aspect stupéfiant de l'affaire est que Boiron a marché dans la combine. Ce laboratoire a absorbé les concurrents: il y avait 2 labos en plus de Boiron: LHF et Dolisos: ils on été té absorbé.
Il est parfaitement clair que la bataille est quasiment gagnée par l'institution académique. Que faire: je ne sais pas plus que d'autres. Il affutait un vrai rapport de force. Personnellement je pense qu'il faut associer tous les praticiens et utilisateurs des méthodes qualifiée d'alternatives en un grand mouvement autour de l'exigence d'un examen objectif et d'expérimentation de ces médecines. A commencé pour l'homéopathie de tenir compte des travaux effectués qui sont nombreux et probants, et que quelques imbéciles soit ignorent soit hypocritement semblant d’ignorer.

0685158016et0450013070 02/09/2015 13:40

Je,suis,d,accord,ave,vous!

ROMBAUTS 10/05/2015 13:59

Bonjour
J utilise hypericum enTM depuis des annees pour des douleurs au bas du dos ,qui depuis est remplace par une dilution e 8 dh,qui ne m apporte aucune amelioration,tres decue et desemparee,j espere qu il sera a nouveau bientot dans nos pharmacies et rembourse par la secu.
A bon entendeur!!!!

alain lentrebecq 27/04/2015 10:43

Depuis cinquante ans j'utilise les teintures mères et l'homéopathie parfois en automédication et je n'ai jamais eu d'effet secondaire, ça ne coûte rien a la sécu mais ça concurrence les produits pharmaceutiques chers, et dont certains produisent des effets secondaires graves voire mortels, faut-il rappeler aux abrutis européens le médiator la thalidomide l'isoméride ...il est vrai que les labos peuvent décider de mettre sur le marché des poisons, et les faire labelliser par l'europe

Jacques Lacaze 30/04/2015 19:15

Malheureusemnt les laboratoires homéopathiques marchent dans la combine. C'est lamentable.

MOINARD 27/04/2015 03:58

je ne comprends pas qu'on puisse nous interdire des produits naturels !

Raymond Martine 19/04/2015 19:37

Merci de nous tenir informer des règlementations concernant votre profession et donc notre santé.
Durant ces dernières années, un vaste chantier est organisé pour nous protéger, c'est magnifique, on prend soin de nous, de notre santé, de nos droits et tranquillement... nos libertés de choix, d'action, nos droits s'amenuisent. Ce qui se dessine est, à mon sens, tout simplement effrayant.
Il nous reste encore l'information, la relation, l'échange... Ne laissons pas mourir nos connaissances, faisons circuler.

FOURNET 03/04/2015 11:30

je suis scandalisée car impossible d'acheter la teinture mère BORRAGO OFFICINALIS- ALFAFA ET AESCULUS HIPPOCASTANUM cette dernière déjà était du macerat glyceriné, ça fait au moins 15 ans que j'utilise ces teintures mère...alors on me propose des gélules 8 fois plus chères...bien sur plus juteux niveau prix....alors j'achète rien,je ne tiens pas à ce qu'on m'impose ce que ces gens qui prèfère de loin le fric, à soigner des patients...pour moi c'est un scandale,,,, maintenant les teintures mère ensuite pourquoi pas l'homeopathie?

Jacques Lacaze 03/04/2015 19:38

Grâce à des macérats glycérinés et des teinture mère, j'ai tiré des dizaines et des dizaines d'enfants du cercle vicieux infections rhino pharyngées - antibiotique (et parfois cortisone) - nouvellement rhino, otite - antibiotique - etc - etc.
Guérir les maladies en dehors de préconditions de l'industrie pharmaceutique cette grande association de misanthropes, voila le crime absolu. Au moyen âge, il a conduit des milliers de femmes au bucher de l'inquisition puis de la corporation des médecins.

joret 19/11/2014 18:01


je voudrais retrouver en pharmacie ces teintures meres homeopathiques.je suis révoltée par cette legislation Européenne qui pour moi reflète le poids des lobies pharmaceutiques aupres du
legislateur.

Jacques Lacaze 19/11/2014 18:14



Je partage votre avis. Effectivement très grave atteinte à la santé publique et à la liberté de chacun de nous. 



Viviane 24/10/2014 12:00


Bonjour,


Il va falloir faire pousser l'aubépine dans son jardin et fabriquer sa teinture-mère.

Watine 06/05/2014 20:01


Le meilleur site que j'ai trouvé , tellement bien documenté ( par exemple en homeopathie et les teintures meres ) . Bien sur les tarifs sont plus chers .


http://www.pharmaclic.be/pharmacie