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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 16:46

Cannabis-gratuit.jpg

Selon une information de l’hebdomadaire "Le Nouvel Observateur" du 05-09-2014 :

A BERKELEY (USA), LES PLUS PAUVRES ONT DROIT AU CANNABIS (MEDICAL) GRATUIT

Selon Le Nouvel Observateur, les dispensaires seront obligés par la loi à mettre de côté 2% de leur distribution pour les offrir aux pauvres. Ce nouveau programme devrait entrer en application en août 2015. C'est la première initiative de ce genre, dans un pays où les Etats légalisent les uns après les autres la consommation de marijuana à des fins médicales, voire récréatives.

Selon le "New York Times", un des plus grands dispensaires de Berkeley, le Berkeley Patients Group, donne déjà de la marijuana aux personnes défavorisées depuis 10 ans.

Le poète et activiste de 78 ans, Arnie Passman a longtemps été un bénéficiaire de ce genre de pratique. Il raconte au "New York Times" qu'il ne se souvient même pas de quand cela a commencé ni même de pourquoi. "Parfois c'était pour mes allergies, ou mon arthrose, vous savez ce qui nous arrive à nous autres : on oublie".

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Durant 9 ans, j'ai travaillé dans une  DDASS (ces directions, sont aujourd'hui intégrées à l'ARS) comme médecin interface entre la justice et le système de soins prenant en charge les consommateurs de "produits illicites". J'ai donc véu un phénomène très intéressant. Mon travail consistait à recevoir en consultation médicale dans les tribunaux du département les consommateurs arrêtés par les forces de l'ordre et envoyées au procureur. Je devais savoir s'il s'agissait de toxicomane et dans l'affirmative les envoyer dans une structure de soins avec vérification de la réalité du suivi.

J'ai assisté durant ce laps de temps à des  changements importants. Au début  je voyais en gros 80% de consommateurs d’héroïne et 20% de consommateurs de cannabis. Les premiers étaient des personnes en général connues de la police, de la justice, des services sociaux et des structures de soins. Ces personnes passaient par les différentes  cases : tribunal, prison, suivi thérapeutique etc… Les consommateurs de cannabis étaient des jeunes très rarement toxicomanes qui fumaient un joint avec les copains.  Progressivement le pourcentage a basculé. Quand je suis parti en retraite et quitté le service, les consommateurs de cannabis étaient près de 80%. Progressivement il y avait eu une criminalisation de cette consommation impulsée par le ministre de l’intérieur de l’époque.

Je dois dire clairement que j’ai appliqué strictement la loi, c’est-à-dire que j’ai renvoyé chez eux les personnes qui n’étaient pas toxicomanes ce qui était le cas de l’immense majorité des consommateurs de cannabis. A cette époque j’ai assisté à un important colloque tenu dans une Faculté de lettre avec de très hauts responsables mondiaux de la lutte contre les trafics illicites. J’ai ainsi pu entendre le dialogue suivant antre deux hauts responsables d’interpool et d’europool, l’un disant on a perdu la guerre contre la drogue et l’autre rétorquant on ne perd pas une guerre qu’on n’a jamais commencée. 

Venons en à la distribution gratuite de cannabis aux pauvres. Il y a des précédents historiques à cette initiative curieuse, qui manifestement a pour but d’endormir  les pauvres pour éviter qu’ils se révoltent.

Au moment de l’industrialisation de l’Angleterre avec ses conséquences effroyables sur les conditions sociales, sanitaires de la masse des ouvriers, sa gracieuse majesté la reine de ce pays faisait importer l’opium d’Inde, opium qui était vendu massivement  par les apothicaires pour abrutir la population. Sans nul doute que cette pratique a joué un grand rôle dans la dégradation de la santé de tout un peuple.

L’industrialisation en France a commencé avec le XIXéme siècle et rapidement un alcool de mauvaise qualité et bon marché a été mis à la disposition de la classe ouvrière dans le même but. Emile Zola comme Honoré de Balzac ou Eugène Sue ont décrit les conséquences de cette politique.

Bref, rien de nouveau sous le soleil.

Mais un vrai débat sur les drogues doit être mis en place. J’invite à lire 3 livres :

« D, comme drogue » d’Alain Jaubert

« Géopolitique des drogues » d’Alain Labrousse

« La politique de l’héroïne. L’implication de la CIA dans le trafic des Drogues », de Alfred W. Mc Coy

 

Je pense qu'un vrai débat doit avoir lieu sur cetnimportant sujet. Je vais essayer dy revenir. 

Jacques Lacaze

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Published by Jacques Lacaze - dans Liberté j'écris ton nom
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commentaires

Docteur X 08/09/2014 18:33


Cela fait des années que je réfléchis au problème, et les solutions répressives me paraissent de plus en plus absurdes, et même carrément suspectes, comme si des interêts cachés et honteux
étaient en jeu, ce qui est pour moi une certitude: il y en a qui touchent, et cela parmi les politiques décideurs: il n'y a pas que des culs-bénis bien-pensants.


En effet lutter contre la drogue doit commencer par lutter contre les traficants et les dealers, puisque ce sont eux les prosélytes: s'il n'y a plus d'argent à la clé, il n'y aura plus de
prosélytisme, et plus de dealers.


Donc dépénalisation pour ne pas poursuivre dans cette voie  inefficace et absurde, et LEGALISATION pour couper la manne aux dealers.


Le tout accompagné d'un discours plus ferme et plus documenté sur les dégâts attendus des deux types de drogue, "douce" et "dure".


C'est tellement évident, que tout autre discours est hautement suspect.

Jacques Lacaze 08/09/2014 19:18



Cher confrère. Je partage entièrement votre point de vue. J'avais rédigé une conclusion allant dans ce sens. Elle s'est effacé durant la mise en ligne (ça ne marche pas très bien chez over blog)
et je n'ai pas eu le temps de refaire. Vous l'avez fait, merci.