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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 08:03

MédiatorMediator:

le laboratoire Servier,

le Professeur Griscelli

et le rapport du sénat.

L'AFP et l'ensemble de la presse écrite et audio visuelle posent la question:  des responsables du  Laboratoire servier sont-ils  intervenus pour faire corriger un rapport du Sénat?

 

Le dit  laboratoires a t il  cherché à minimiser sa responsabilité dans le scandale du Mediator?

 

Nouvelle pierre dans le jardin de Servier. Les laboratoires seraient intervenus en juin pour qu'un rapport du Sénat sur le Mediator minimise sa responsabilité et insiste sur celle de l'Agence du médicament, ceci à d'extraits d'écoutes téléphoniques versées au dossier d'instruction.

 

L'auteur du rapport, la sénatrice UMP Marie-Thérèse Hermange a catégoriquement démenti ces affirmations auprès de l'AFP.Ce qui est de bonne guerre, et n'étonne personne: le mensonge par omissioin, en jouant sur les mots, sur les dates etc est une pratqiue quotidienne de nos femmes et hommes politiques, ceci très très loin de l'intérêt général, de la santé publique en particulier.

 

Les écoutes en question, relatent une conversation entre le directeur opérationnel du groupe Servier, Jean-Philippe Seta, et Claude Griscelli, professeur de pédiatrie et de génétique qui fut directeur général de l'Inserm. (NDLR: c'est à dire que ce bon Professeur avait a haute main sur l'essentiel de la recherche médicale en France). Le Professeur Claude Griscelli est membre du Conseil d'Etat (sans commentaire). M. Griscelli déclare au dirigeant de Servier que le rapporteur du Sénat, Mme Hermange, lui «a demandé d'aller travailler avec elle pour le Sénat».

«Aucun élément n'a été modifié»

 

«Je me suis fichu des choses nulles qui n'avaient pas d'importance mais bien sûr j'ai regardé des phrases clés, importantes qui euh... qui concernaient la responsabilité de Servier», dit le Pr Griscelli au dirigeant de Servier. «Et donc, j'ai fait changer pas mal de choses», ajoute Claude Griscelli.

 

«Ces propos n'engagent que cette personne», a réagi Mme Hermange qui reconnaît avoir rencontré M. Griscelli «pour avoir une discussion avec lui». Mais «le rapport était bouclé et aucun élement n'en a été modifié à la demande de M. Griscelli», a-t-elle ajouté.

 

Selon le site du quotidien Le Figaro, le professeur de pédiatrie et de génétique a «beaucoup insisté» auprès de la sénatrice pour expliquer que l'étude évaluant à au moins 500 le nombre de décès liés au médicament «n'était pas scientifiquement valable».

L'avocat des victimes «pas étonné»

 

«C'est le plus important parce que j'ai, par contre, accentué beaucoup les reproches que l'on peut faire à l'Afssaps» (agence du médicament), ajoute M. Griscelli.

 

Ces écoutes téléphoniques ont été réalisées dans le cadre de l'enquête conduite à Paris pour «tromperie aggravée», «prise illégale d'intérêt par personne exerçant une fonction publique» et «participation illégale d'un fonctionnaire dans une entreprise contrôlée».

 

Le rapport du Sénat intitulé «La réforme du système du médicament, enfin», publié le 28 juin, propose notamment de refondre le système de mise sur le marché des médicaments. A plusieurs reprises, le rapport épingle l'Afssaps qui «semble avoir redécouvert tardivement des travaux publiés pourtant dès les années 1970» sur le Mediator.

 

L'avocat des victimes n'est pas étonné.

De son côté, l'avocat d'une des associations de victimes (AVIM), Me Jean-Cristophe Coubris a indiqué ne «pas être étonné» par ces révélations qui témoignent de 40 années de relations très étroites entre Servier et les politiques.

 

LA POLITIQUE DES TROIS CASQUETTES: SUITE SANS FIN.

Avec des ami(e)s et confrères (le Docteur Pierre Tubéry en particulier, qui est l'auteur de la formule) nous dénonçons depuis des années ce que nous appelons la politique des 3 casquettes. Le même "prestigieux" et surtout médiatique "Professeurs" assume sur un problème donné de médecine les rôles

- de scientifique: c'est lui qui dit c'est bon,

- de conseillers des décideurs (ministre etc), et

- il a des intérêts dans l'industrie pharmaceutique. Comme le veux le bon sens populaire, "on n'a jamais vu un épicier dire à ses clients que ce qu'il vend c'est de la merde". Et quand il y a de gros intérêts financiers en jeux , alors ...

 

Que chacun se livre à un petit travail, que j'ai fait, regarder à propos de tel ou tel "grand patron" hospitalier, quel est son domaine d'activité, qui il conseille (académicien par exemple, conseiller institutionnel du gouvernement) et avec quel laboratoire il collabore. C'est édifiant. Et croyez moi, il y en a très très peu qui peuvent dire comme me l'a déclaré un grand maître et grand chercheur de Bordeaux " je peux dire que je n'ai jamais touché un francs de l'industrie pharmaceutique, et ceux qui peuvent le dire en France se comptent sur les doigt d'une seule main. C'était en 1985. 

Docteur Jacques Lacaze

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Published by Jacques Lacaze - dans Médicaments
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