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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 11:16

"Le premier patient au monde ayant reçu un cœur artificiel autonome, de technologie française, vient de décéder deux mois et demi après son intervention à l’âge de 76 ans".

Dans l'article reproduit ci dessous, le Docteur Luc Périno pose très clairement un choix de société, à propos de la santé publique en France, dans son site consultable ici: link.

J'avais été frappé que l'annonce de cette opération au journal de 20 heures, a été immédiatement suivie d'un discours sur la "chance" que représentait cette prouesse technologique, comme on dit, pour l'économie, et pour l'entreprise capitaliste qui la commercialisera. 

Les constatations de Luc Périno sont certes vraies.

L'actuelle politique de santé - beaucoup plus de distibution de soins, que de santé publique - est basée sur le traitement des maladies à un stade avancé ou très avancé. Il nécessite beaucoup de haute technologie, comme le coeur artificiel. Ces politiques de santé publique ont, bien sur, le mérite de faire tourner l'économie, comme le bon président actuel aime le rappeler, et surtout celui de remplir les poches du système privé, à but (très) lucratif médico-industriel - big pharma en tète - Il suffit de regarder les profits encaissés par les actionnaires ......

Je pense pour ma part, qu'une autre politique de santé publique est possible et devrait être basée sur la prévention des maladies qui aujourd'hui sont de très loin les plus fréqauentes: les maladies dégénératives comme le cancer, l'athéromatose (responsable de  l'infarctus cardiaque, de l'AVC, et autres maladies des artère), les maladies neuro dégénératives (SEP, maladie d'Alzheimer, maladie de Parkinson, la myopathie de Duchenne .... ), mais aussi les pathologies allergiques comme l'asthme. Cette politique devrait être menée par les pouvoirs publics, au seul service de la santé des citoyens et sous leur contrôle. Cela n'exclue pas bien sur de faire bénéficier les autres pays des avancées  qui pourraient être acquises. Les grandes institutions comme le CEA, le CNRS, l'INSERM ou le Centre des substances naturelles de Gif-sur-Yvette sont là pou le prouver  ....  mais la tendance est à transférer au privé et donc aux actionnaires le coté exploitation financière des évancées scientifiques et technologiques  ....  tout en tenant sous le boisseaux celles qui gènent la course au profit comme la prévention des maladies dégénératives. L'exemple de la politique du silence instituée contre les travaux André Gernez en est un exemple flagrant.

Docteur Jacques Lacaze

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Trexte du Docteur Luc Périno.

      "Il y aura toujours deux types de réactions après ce genre de fait. Demi victoire pour les uns, puisqu’un patient a pu vivre plus de deux mois avec une telle prothèse et après une intervention d’un très haut niveau de sophistication. Demi-échec pour les autres, puisque deux mois et demi de survie de piètre qualité sont négligeables au regard de la raison clinique.

        "Les uns sont progressistes, confiants en une technologie sans limite, ils ont compris l’ampleur du marché sanitaire et veulent en faire profiter notre pays. Ils ont raison, car ce qui est bon pour notre pays est certainement bon pour notre santé.

       "Les autres sont volontiers conservateurs, revendiquent un humanisme parfois désuet et jugent qu’il est trivial de greffer un cœur artificiel tout neuf sur un système vasculaire usé de 76 ans. Ils ont raison, car ce patient n’a évidemment gagné ni quantité ni qualité de vie et on peut raisonnablement penser qu’il en sera de même pour beaucoup d’autres après lui.

(Note de J. L. qui est progressiste, qui est conservateur?)

        "Les uns peuvent victorieusement clore le débat en rétorquant qu’il n’y aurait jamais eu aucun progrès sans audace, sans risque et sans échec.

        "C’est pourquoi, il faut situer ce débat ailleurs, au niveau des choix stratégiques de notre pays. Il faut admettre sans honte que les enjeux de ce progrès sont plus d’ordre commercial que d’ordre clinique et prendre les mesures pour en garantir les brevets et en protéger les inventeurs. Il faut avoir le courage d’admettre que le grand marché de la santé est très prometteur et qu’il ne pourra s’épanouir que s’il est dissocié de la solidarité nationale.

         "La solidarité a pour but d’assurer la protection maternelle et infantile, d’éduquer, de porter assistance aux déshérités et aux blessés, d’empêcher les morts prématurées, et d’entourer dignement les mourants. Elle n’a pas pour but de rembourser de médiocres médicaments pour une hypothétique protection vasculaire ou cognitive, ni de promouvoir des chimiothérapies ou des prothèses artificielles qui font laborieusement gagner quelques mois ou semaines de vie à de très rares concitoyens.

        "Pourquoi ne pas mettre simplement, sans cynisme de part et d’autre, chaque chose à sa place. Le marché est devenu trop important pour que l’on s’en passe, la solidarité nationale est trop indispensable pour qu’on lui fasse courir le moindre danger.

        "Si la France ne se décide pas rapidement à séparer le public du privé, à comprendre enfin que le marché et la solidarité doivent être séparés pour s’alimenter l’un l’autre, alors notre merveille technologique de cœur artificiel terminera en Californie et nous la rachèterons à prix d’or en la faisant payer par des augmentations de charges sociales au prétexte fallacieux que quelques jours éventuels de survie n’ont pas de prix". 

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PS. Il va sans dire que les propos du Docteur Luc Périno ne m'engagent pas. Ils ont le mérite de bien montrer l'enjeu qui est à mon sens:

santé publique au service des citoyens avec comme but central rester en bonne santé et/ou de la recouvrer,

- ou haute technologie au service de l'industrie privée du complexe médico pharmaco industriel.

En d'autre terme promouvoir une politique de santé publique pour réduire au maximum les chances de survenue d'un cancer, d'une maladie cardiaque d'une maladie neurologique ou allergique, ou laisser faire pour traiter à grand frais et beaucoup de souffrances ce qui aurait pu être prévenu.

Jacques Lacaze.

 

 

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Published by Jacques Lacaze - dans Santé
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