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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 14:32

Thierry Mariani, Député UMP des Français de l’étranger, Vice-président du groupe d’amitié France-Russie à l’Assemblée nationale est interviewé par Eric Delvaux à l’occasion de la rencontre Hollande-Poutine du jeudi 5 juin à Paris, à la veille des commémorations du Débarquement en France, afin de discuter de la crise en Ukraine.  Interview de 7mn.

Diffusé sur France inter le jeudi 5 juin à 6 heures 20.   

Eric Delvaux est manifestement en mission: tanter d'imposer à tout prix les mensonges du gouvernement actuel, ceux de Fabius qui qui voit dans les forces politqiues qui ont pris le pouvoir à Kiev que des gens de droite ordinaires (sic) ....... qui ne font que placer sur la façade de leur siège un immense portrait de Hitler ....  Jugez sur pièce, transcription:

 

Eric Delvaux : Vladimir Poutine aura ce soir un entretien en tète à tète avec François Hollande. Ce sera d’ailleurs  ce sera le premier entretien de Vladimir Poutine avec un dirigeant occidental depuis qu’il a annexé la Crimée et déstabilisé l’Ukraine aussi. Quel ton devrait adopter le Président français face à son homologue Russe ?

Thierry Mariani : le ton du dialogue, car le pense que la Russie, c’est une vérité géographique, fait partie de l’Europe nous avons une énorme complémentarité. Nous avons traversé une période de tension qui est loin d’être fini et je pense que nous avons tout intérêt à dialoguer et ne pas parler à coups de sanctions comme cela se fait depuis plusieurs semaines.

E D : Justement, le G7 a rappelé hier soir qu’au besoin il fallait aller crescendo dans les sanctions, la Russie est déjà mise au ban, isolée diplomatiquement. Es ce que c’est le type de menaces qui peut contrecarrer le plan de Vladimir Poutine ?

TR : Je ne pense pas. Je pense surtout que les sanctions qui depuis quelques semaines pèsent sur la Russie se sont révélées humiliantes et inefficaces. Humiliantes parce que  faire une sorte de liste noire, où une série de proches du Président Poutine ou responsables économiques ou politiques sont désormais aux Etats-Unis ou en Europe, n’améliore en rien nos relations, dangereuses aussi en matière économique, parce je  rappelle que la France a d’énormes intérêts avec la Russie  Nous avons 1200 entreprises françaises qui sont     installées aujourd’hui en Russie. Nous sommes complémentaires en termes d’échanges, j’allais dire d’intelligence et de matières premières, alors que les Etats unis qui nous poussent à cette politique n’ont pas du tout les mêmes intérêts.

E D :  : Si les sanctions sont humiliantes et dangereuses où sont les leviers pour faire changer Poutine de son état d’esprit face à l’Ukraine ?

T M : Pourquoi en est-on arrivé là? Je me permets de faire en trente secondes un rappel historique. On a quoi qu’on en dise un coup d’état en Ukraine. Je suis désolé, mais il y avait un pouvoir légitimement élu Monsieur Ianoukovytch était élu. Il y aurait dû avoir des élections présidentielles dans 9 mois, il a été renversé. On a eu deux ou trois dispositions totalement provocantes qui ont été votées par le nouveau pouvoir ukrainien …

  ….  E D : parti de la population

TM : … qui veux légitimer son pouvoir.

ED : Oui

TM. Oui, quand on veut légitimer son pouvoir, il y a deux sortes de solutions : ou, on coupe les têtes, ou, on rassemble. Malheureusement ça été l’option 1 qui a été choisie. Première loi  votée, interdiction des langues régionales dans le pays

ED : Oui ce n’est pas la meilleure des solutions ….

TM : … Deuxième loi, interdiction des médias en langue russe pour être très clair car au moment où vous provoquez les gens dans leur identité, il y a une réaction, réaction en chaîne …

ED … c’était provocations contre provocations. Quand Poutine affirme comme hier soir qu’il n’a aucune prise sur les séparatistes en Ukraine, vous le croyez ?

TM. Je vais vous poser une question. Si vous pensez que la Russie aujourd’hui avait voulu envahir par exemple  par les régions de l’Est ukrainien c’est à dire Donetsk  Louhansk es ce que vous pensez sincèrement qu’ils auraient des difficultés ?

ED : Je pense que ça aurait provoqué un tollé international beaucoup plus fort qu’en Crimée …

TM : On est bien d’accord, mais je pense aussi qu’il n’aurait eu strictement aucune difficulté militaire. Que dit Monsieur Poutine ? Il dit tout simplement qu’il n’y a aucun soldat russe d’ans l’est de l’Ukraine. Que disent les américains : on a les preuves du contraire. Pour le moment on ne les a toujours pas vues. Je me souviens aussi des américains nous expliquant qu’ils avaient des preuves  d’armes de destruction massive du temps de Monsieur Sadam Hussein. Donc à l’heure actuelle ….

ED : l’argument qu’a sorti Vladimir Poutine hier soir ….

TM :  … oui, c’est une réalité, c’est-à-dire qu’on a affirmation contre affirmation. Et jusqu’à présent, on n’a pas la moindre preuve qu’il y a des soldats russes dans l’est de l’Ukraine. Donc, je crois qu’aujourd’hui, il vaut peu être mieux dialoguer plutôt qu’essayer de multiplier les accusations sans sortir la moindre preuve. Et en tout cas, aujourd’hui on est rentré dans une guerre économique où la France et l’Europe risque d’être les principales victimes.
Si vous permettez, rien qu’une minute. J’étais il y a 5 semaines en Ouzbékistan. En Ouzbékistan, 2005, un massacre etc, un massacre hélas, je ne passe pas. On a voté sous la pression internationale des sanctions économiques très importantes sous pression américaine. Le régime n’a absolument pas changé depuis. Simplement entre temps les américains depuis on recommencé des négociations et on décidé que ça ne les arrangeait plus qu’il y ai des sanctions et on dit finalement chacun peut revenir. Sauf qu’eux avaient déjà pris des positions dominantes. Je pense qu’il ne faut pas être naïf. On est dans une guerre diplomatique, mais on est aussi dans une guerre économique où il  ne faudrait pas que l’Europe se fasse instrumentaliser, et aussi il faudrait qu’en suivant  nos meilleurs alliés on perde aussi nos meilleurs intérêts.

ED : Alors, justement dans ce contexte de crise en Ukraine , la France doit elle livrer les deux navires de guerre Mistral à la Russie. Les Etats-unis sont contre, la Pologne aussi ….

TM : … oui, la Pologne qui est un état européen qui achète des avions américains plutôt que des avions français. C’est bien ça …. ?

ED … oui c’est bien ça ..

TM : … oui, je crois qu’il faut arrêter d’être naïf. Est ce qu’on doit livrer ces bateaux oui, il y a une commande  ou alors il faut dire très clairement au français es-ce que vous êtes prêt à payer plusieurs   centaines

ED : … un dédit …

TM : … de centaines de millions d’euros, de dédit,  es-ce que vous êtes prêt à perdre un certain nombre d’emplois où es-ce que vous êtes surtout prêt à ce que notre économie de l’armement perde toute crédibilité.

ED : En début de semaine, Nicolas Sarkozy a rencontré Vladimir Poutine en Russie ,alors que les occidentaux avaient décidé d’isoler le Président Russe.   icolas Sarkozy, ne risque t il pas de perturber ce délicat jeu diplomatique qui se joue en ce moment. ?

TM : Nicolas Sarkozy a la leçon de le Géorgie, à un moment où certain en 2008 poussaient à l’embargo, il a pris l’avion, il est   allé voir Poutine, et a essayé de trouver une solution qui a arrêté la guerre.

ED : Mais c’est que là on parle diplomatie parallèle pour le coup.

TM : Oui, mais par moments,  je pense que la diplomatie parallèle, elle peut être utile et que aujourd’hui, la diplomatie qui consiste  à dire sanction sanction, sanction pour suivre les  américains, ça aboutit à rien.

ED : Pour terminer Valérie Trierweiler, dans un twitt hier soir, qui se dit heureuse de ne pas avoir à serrer la main de Poutine.Es-ce un épi phénomène ou une bourde diplomatique ?

TM : C’est Valérie Trierweiler ! C’est   pourquoi, c’est parce qu’il a dit des propos assez déplacés sur Madame euh ..

ED : … c’est pour l’ensemble de son œuvre …

TM : Pour l’ensemble de son œuvre ! Attendez, Vladimir Poutine hier dans son interview a rappelé quelque  chose qui choque en occident.  D’abord, c’est un chef d’Etat qui a une population derrière lui, qui a été élu largement puis qui a une politique très claire, il fait la guerre au terrorisme et à l’islamisme, depuis la Tchétchène, aujourd’hui en Syrie, et qui a une ligne politique. Et peut être que ça peux choquer certaines bonnes âmes, mais je pense aussi que c’est un sujet qui fait l'unanimité en Russie

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Published by Jacques Lacaze - dans Actualité
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