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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 14:28

LA MEDECINE NE PEUT PAS ETRE SCIENTIFIQUE!

Selon une information de: "NIH Report Warms of Looming Shortage of Physician-Scientists" (Jocelyn Kaiser Sciences 9.2014), information répercutée par la presse d'information médicale française, un rapport du NIH étasunien, s'alarme du fait que ce pays va bientôt manquer de chercheurs capables de mener de études cliniques. Il est signalé qu'actuellement, 9 000 personnes réalisent 32% des études cliniques du NIH (National Health Institute: l'institut national de la santé). Une majorité de ces chercheurs va prendre sa retraite sans être remplacé par faute de candidat. Le total des médecins effectuant des études clibique aux USA était en 2012 de 13 700, soit une baisse de 5,5% depuis 2003.


I WANT YOUUn média médical français, signale: "pour les étudiants en Médecine Français qui souhaitent se destiner à la recherche clinique c'est une extraordinaire opportunité de partir.  Alors que la recherche clinique française est moribonde, fonctionnarisée, oubliées et sous-payée, et que l'industrie pharmaceutique vide les lieux, l'appel d'Outre Atlantique est, elle, une opportunité d'avenir". Pour bien souligner cela, le célèbre I WANT YOU (je te veux) de l'armée étatsunienne est repris  mais un peu modifié: WE WANT YOU !

En France, effectivement - et sans nul doute aux USA - l'indispensable recherche clinique dont les grands principes ont été formulés au XIX éme siècle par l'immense savant qu'était Claude Bernard, est très marginalisée. Dans le cursus des études médicales Claude bernard est quasiment ignoré. Son livre majeur "Introduction à l'étude de la médecine expérimentale" est proposé aux lycéens de terminale - dans le cadre de lenseignement de la philosophie - mais pas aux étudiants en médecine. Bien sur d'autres grands savants  de différents pays ont travaillé sur ces questions.


De quoi s'agit-il? Posons le problème.

Le médecin et d'une façon générale l'ensemble de tous ceux qui interviennent pour aider son prochain, tous les thérapeutes, ont acquis un savoir et un savoir faire. Ces savoirs sont enrichis et modulés d’une part par l’expérience et d’autre part, par l’acquisition des connaissances issues de la recherche scientifique et technique. La recherche de son côté, par les méthodes qui lui sont spécifiques : observations du vivant, expérimentations, études statistiques etc etc, produits des connaissances d’une part, des outils pour aborder le vivant, le corps  de la personne, son fonctionnement intime etc d’autre part.

Quel est le rapport entre le praticien et le chercheur, entre la médecine et la science? C’est la question essentielle.

 - Le praticien s’efforcera de prendre connaissance de ce qu’on appelle assez pompeusement « les avancées de la science », et aussi bien sur de la technique et de les intégrer à sa pratique. Le médecin étudiera se familiarisera avec l’imagerie médicale les nouveaux moyens biologiques de diagnostic  mis à sa disposition etc et il les intégrera à sa pratique quotidienne. C’est la raison d’être de ce qu’on appelle la formation continue.

Et en retour, le praticien a pour devoir de questionner les chercheurs quand il rencontre un problème, une difficulté, un fait nouveau.

 - Pour la recherche scientifique et technique, il s’agit de continuer à décrypter le vivant, de répondre en particulier aux questions posés par la pratique médicale, donc de produire de nouvelles connaissances et pour ce qui est de la technique améliorer les outils disponibles en produire de nouveaux, rôle en général dévolu aux industriels.  Bref il y a production de connaissances et d’objets technologique dans ce processus.

Et la recherche clinique dans ce système ?

Elle est à l’interface et elle est capitale!  Une des grandes avancées de la connaissance biologique et médicale est l’introduction  de la méthode anatomo-clinique. Le praticien, note des signes cliniques liés à une maladie  survenant chez des patients, l’évolution de ces signes etc. Au décès de la personne l’examen du corps va permettre de situer la lésion, de faire des hypothèses sur le processus qui l’a provoqué etc et quand c’est possible d’imaginer les moyens thérapeutiques à proposer. Avec les avancées technologiques en matière d’exploration du vivant, les choses sont devenues plus simples dans leur principe.

La recherche clinique a permis de classer les maladies en les rapportant à la cause initiale pour chacune d’elle dans la mesure du possible, ce qui a représenté une avancée importante car ouvrant la voie à une première forme de prévention et de traitement. Puis avec les nouvelles connaissances en physiologie, en biologie, en biochimie moléculaire etc le décryptage des mécanismes biopathologiques  s’est développé.

Les médicaments.

Historiquement la connaissance de l’effet de telle ou telle substance, de telle plante de telle méthode  etc sur telle maladie relève dans l’immense majorité des cas de l’observation du praticien, par exemple du témoignage de son patient, de savoirs ancestraux, parfois d’une observation imprévue. Très rarement d’un raisonnement physio-pathologique, qui est le rêve des chercheurs en pharmacologie.

La recherche clinique va bien sur rapidement se polariser sur le problème des médicaments, pour apprécier les effets thérapeutiques réels, les posologies, les troubles occasionnés etc etc. Une puissante industrie pharmaceutique va naître et se développer. Mais n’anticipons pas  ….

Pour autant que ce système  fonctionnait sur le mode : le praticien soigne et pose des questions aux chercheurs en fonction de sa pratique. Ces derniers (et les techniciens) offres des réponses  sous formes de connaissances et de technologies, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Mais voilà, depuis l’introduction de « La Médecine fondée sur les preuves » ça ne se passe plus de cette façon. L’indispensable recherche clinique  a été phagocytée par l’industrie pharmaceutique sous le principe de la rentabilité  à court  terme et maximum. On assiste même au fait que l’existence d’un médicament (rentable bien sûr!)  provoque la définition d’une nouvelle « maladie »!  par exemple la ritaline et  l’enfant hyperactif  ….

La médecine que nous vivons tout les jours se prétend scientifique. En clair, cela veut dire que le chercheur de l’industrie pharmaceutique qui en est de fait le maître d’œuvre, et les institutions mise en place par les autorités médicales, sanitaires et étatiques définissent la « Vérité » ! Tel diagnostic établi avec des critères précis – en particulier relevant de l’imagerie médicale et de la biologie - desquels il n’est pas question de s’éloigner conduit à telle maladie, et automatiquement à tel traitement. Des « conférences  du consensus » fixent les règles, formalisées dans des fiches transmises aux médecins (fiches de transparence) et reproduites dans les monographies du célèbre dictionnaire rouge qui trône sur le bureau du médecin.

Conséquences : si, le médecin suit à la lettre ces conseils, même si l’état du malade  s’aggrave ou s’il meurt, pas de problème il est dans les clous, il est inattaquable. Des études ont d’ailleurs montré que l’ordinateur dans les mains d’un patient dans processus de ce type est beaucoup plus efficace que le médecin: quelle aubaine pour les laboratoires et les assurances! Si le médecin sort des clous et prescrit d’autres thérapeutique il est automatiquement attaquable et bon pour le tribunal ordinal !

Cette pratique est désignée sous le nom de « médecine scientifique ». Ce qui bien sur, fait sérieux, pour le public et les médecins.

Un exemple, je dirais caricatural, des conséquences de cette soit disant médecine scientifique: les vaccinations.  Le principe biologique qui sous-tend cette idée n’est pas forcément mauvais, mais imposer par la force de la loi – et donc de la justice et de la maréchaussée - et au nom de la science, l’injection dans le corps de tous les bébés d’un produit très complexe à partir d’études statistiques sujettes à caution, sans tenir comptes des conséquences – à court, moyens et longs termes - quand on ne les minimise pas et plus grave on les ignore, relève d’un malhonnêteté totalement inadmissible. Il en est de même des fameux protocoles utilisé par exemple en, cancérologie.

La pratique médicale comme toutes les pratiques sociales entretient des rapports avec la recherche scientifique et technique très précis et très clair, mais elle est une pratique qu’on désignait d’ailleurs sous le terme d’art médical, comme il y a un art culinaire ou une pratique culinaire. La médecine ne peut pas être scientifique: c'est impossible.

J’ai donc essayé dans ce trop long topo d’expliquer cette question qui me semble capitale.

 

Les protocoles en cancérologie : le meilleur  exemple pour comprendre en quoi cette médecine « scientifique » marche la tète à l’envers.  Un cancer est diagnostiqué chez une personne. Va alors être défini principalement: la localisation, la taille exacte, le type histologique de  ce cancer, des éléments biochimiques ou métaboliques, l’existence ou non de métastases. A partir de ces données un traitement parfaitement codé - avec d’ailleurs un véritable code reprenant les initiales des produits utilisés  – va être institué. Ce protocole est issu d’expérimentations cliniques (ce sont les chercheurs cliniciens qui s’en occupent, payés en général directement ou indirectement par l’industrie pharmaceutique qui ont la haute main sur ces expérimentations). Notons, que la personne même du patient, son style de vie, ses habitudes alimentaires, son milieur familial etc etc, bref ce qu'il est nentre de fait pas en ligne de compte. Il est clair que tous ces élèments qui peuvent être connus du praticien de terrain ne peuvent pas être mis en équation.

Il y a les moyens les plus anciens : chirurgicaux et les moyens plus récents : radiothérapique et chimiothérapique. Et c’est là que le bas blesse. Les personnes frappées par un cancer sont recrutées dans  des protocoles nouveaux avec un libre choix officiel, mais formel puisqu’on leur dit : votre cas est grave, il existe un nouveau protocole qui  peux vous être très utile, même vous sauver etc etc … Ce système, est très ingénieux. Nos spécialistes peuvent pondre un protocole toute les minutes ils n’arriveront jamais au bout des possibilités! Le nombre d’anticancéreux par exemple est de l’ordre d’une bonne vingtaine avec des variantes pour chaque produit. Les protocoles associent plusieurs produits : déjà le nombre de possibilités est considérable,  quand en plus on fait varier les posologies elles deviennent infinies. Les chercheurs cliniciens ex protocole de cancérologie peuvent voir venir sans difficultés : il y aura du travail longtemps pour des centaines d’années.

Qu’elle est la réalité du jeux dans cette histoire ? Sur une génération de malades on va tester des  associations de produits qui bénéficierons (ou pas !) aux générations suivantes, qui elles mêmes vont tester de nouveaux protocoles et ainsi de suite jusqu’à l’infini. Cela s’appelle « le progrès thérapeutique » et ça n’a pas de fin, mais c’est très  astucieux. On peut parler de progrès, le cancer n'est pas guéri mais on a avancé d'un saut de puce, et comme beaucoup de cancers sont détéctés plus tôt les statistiques s'améliorent un peu: on progresse, on progresse ..... Et, bien sur, ça justifie aussi les appels  à la générosité publique. Voir l’affaire concernant le Docteur Nicole Delepine qui résiste avec opiniâtreté et clairvoyance à cette dérive mortifère.

Voir en particulier sur mon blog :  CANCER: BUSINESS MORTEL ?

 

Pour revenir très brievement à mon point de départ, le WE WANT YOU !  des autorités étatsuniennes risque de faire complétement disparaître la recherche clinique en France - et dans d'autres pays - et donc d'hypothéquer gravement l'avenir de la médecine et de la biologie en France, c'est à dire de notre santé!

 

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J’ai fais un premier essai d’explication de ce qui fait selon moi le cœur de la médecine actuelle et donc de sa rupture avec les pratiques antérieures, rupture intervenue en France à partir des années 40 me semble-t-il. Ce texte est imparfait. Je le reprendrais avec en particulier des références, ce qui m'est souvent demandé avec raison, et un plan plus rigoureux. Je souhaite en attendant avoir remarques, et surtout critiques et questions. La médecine et la recherche que nous voulons, réellement au services de la population passe à mon avis par la compréhension de la façon dont elle s’est construite  au cours principalement des XIX et XX éme siècles et dont elle fonctionne aujourd'hui.

 

Docteur Jacques Lacaze

 


 

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Published by Jacques Lacaze - dans Santé
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Magic ray 25/06/2014 20:17


 "Dans le cursus des études médicales Claude bernard est quasiment ignoré. Son livre
majeur "Introduction à l'étude de la médecine expérimentale" est proposé aux lycéens de terminale - dans le cadre de lenseignement de la philosophie - mais pas aux
étudiants en médecine". Pardon ? ce n'est pas enseigné en Médecine ???....n'ayant pas fait d'étude de médecine, je comprends mieux maintenant.


Comment peut-on priver les étudiants de cette oeuvre
Majeure.....


 


Si Pasteur sortait de sa tombe et qu'il voudrait travailler sur le cancer, il aurait très peu
de chances d’obtenir une subvention. Je peux l’imaginer sonnant la cloche à
la porte de l'Institut National de la santé et la conversation se déroulerait ainsi… 


Pasteur : je voudrais travailler sur le cancer et J’ai besoin d' une subvention.


NIH: Vous avez seulement à écrire exactement ce que vous allez faire et pourquoi.


Pasteur : La Recherche est d'aller vers l'inconnu et je ne sais pas ce que je vais trouver et faire


NIH: Comment voulez-vous que nous à gaspillons de l'argent sur vous, si vous ne savez pas ce que vous allez
faire. Nous sommes responsables de l'argent du contribuable et nous devons savoir ce qu’il sera fait.


Pasteur : Merci. J'ai laissé ma tombe ouverte et je vais y retourner.


 


Je crois que Bernard se retournerai dans la sienne, si il savait celà......... Pauvre
Science


 


http://tabachypoxia.blogspot.fr/